‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 127 sur 138 · V. HiGO · texte numérisé non relu

V. HiGO

Couclit'Z-vous, petit P;iiil! il pleut. C'est nuit, c'est l'Iieure. Les loups sont au rempart, le chien vient d'aboyer. La cloche a dit : « Dormez! » et l'ange gardien pleure Quand les enfants si tard font du bruit au foyer.

« Je ne veui pas toujours aller dormir, et jainie A faire étinceler mon sabre au feu du soir. Et je tuerai les loups! je les tuerai moi-même! » Et le petit méchant, tout nu! vint se rasseoir.

Où sommes-nous, mon Dieu! donnez-nous patience; Et surtout soyez Dieu! soyez lent à punir! L'àme qui vient d'éclore a si peu de science! Attendez sa raison, mon Dieu ! dans l'avenir.

L'oiseau qui brise l'œuf est moins près de la terre;

Il vous obéit mieux : au couciier du soleil

Un pai- un descendus dans l'arbre solitaire.

Sous le rideau qui tremble ils plongent leur sommeil

Ty-Î \VX l' IC T I T S E iN l- A N 'l' S .

Au colombier fermé nul pigeon ne roucoule; Sous le cygne endormi l'eau du lac bleu s'écoule ; Paul! trois fois la couveuse a compté sc^s enfants; Son aile les enferme; et moi, je vous défends!

La lune qui s'enfuit, loule pàli' el fâchée.

Dit : « Quel est cet eiifani (pii ne dort pas encor? «

Sdus son lit de nuage elle est déjà couchée;

Au fond d'un cercle noir la voilà cjui s'endort.

Le petit mendiant, perdu seul à cette heure, Rôdant avec ses pieds las et froids, doux martyr! Dans la rue isolée où sa rnisére pleure. Mon Dieu! (ju'il aimerai! un lil pour s'y blottir!

Kl Paul, (jui regardaii eiicm' sa belle épée, Se coiu'ha doucemeni en iiliant ses habits; Et sa méi'c bientôt ne fut plus occupée (Ju'à baiser ses yeux clos ]iar nu ange assoupis!

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