‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 67 sur 138 · C'EST MOI · texte numérisé non relu

C'EST MOI

Si ta marche attristée

S'égare au fond d'un bois,

Dans la feuille agitée

Reconnais-tu ma voix?

Et dans la fontaine argentée, Crois-tu me voir, quand tu te vois ?

Qu'une rose s'effeuille

En roulant sur tes pas,

Si la pitié la cueille.

Dis ! ne me plains-tu pas?

Et de ton sein, qui la recueille.

Mon nom s'exhale-t-il tout bas?

Qu'un léger bruit t'éveille,

T'annonce-t-il mes vœux?

Et si la jeune abeille

Passe devant tes yeux, IN 'entends-tu rien à ton oreille?

N'entends-tu pas ce que je veux?

La feuille frémissante, L'eau qui parle en courantj

La rose languissante;

Qui te cherche en mourant; Prends-y garde, ô ma vie absente !

C'est moi qui t'appelle en pleurant.

Page 1