‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 86 sur 138 · LE DERVICHE ET LE RUISSEAU · texte numérisé non relu

LE DERVICHE ET LE RUISSEAU

Un ruisseau, frais onlant d'nm^ source cachée. Promenait sur les fleurs son humide cristal : L"lierbe au pied du miroir n"était jamais penchée; Il y versait la vie à flot toujours égal. Harmonieux passant, son mobile murmure

Enchantait la nature; Un iloux Irémissement, quand de ses molles eaux

11 mouillait les roseaux, Avertissait au loin quelque chèvre altérée Qu'un filet d'eau roulait sous les saules tremblants; Et la Ijeruére au soir, dans la glace épurée, Venait baigner ses pieds brûlants.

Un derviche dormeur, au tond de sa cellule. Oubliant que sa soif y puise du secours. Las d'entendre le bruit de l'onde qui circule. Pour prier ou dormir, veut en briser le cours. Mais du ruisseau la pente est à jamais tracée ; De la rive, où sa voix s'élève cadencée, Kien ne peut détourner son tendre attachement. Le dévot s'en irrite, il gronde, et lourdement Au milieu du cristal j«.'lte une pierre énorme, (iriani : " Silence cntii! I il csl lcm|is (pi.' je dorme. i>

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