LE DERVICHE ET LE RUISSEAU
Un ruisseau, frais onlant d'nm^ source cachée. Promenait sur les fleurs son humide cristal : L"lierbe au pied du miroir n"était jamais penchée; Il y versait la vie à flot toujours égal. Harmonieux passant, son mobile murmure
Enchantait la nature; Un iloux Irémissement, quand de ses molles eaux
11 mouillait les roseaux, Avertissait au loin quelque chèvre altérée Qu'un filet d'eau roulait sous les saules tremblants; Et la Ijeruére au soir, dans la glace épurée, Venait baigner ses pieds brûlants.
Un derviche dormeur, au tond de sa cellule. Oubliant que sa soif y puise du secours. Las d'entendre le bruit de l'onde qui circule. Pour prier ou dormir, veut en briser le cours. Mais du ruisseau la pente est à jamais tracée ; De la rive, où sa voix s'élève cadencée, Kien ne peut détourner son tendre attachement. Le dévot s'en irrite, il gronde, et lourdement Au milieu du cristal j«.'lte une pierre énorme, (iriani : " Silence cntii! I il csl lcm|is (pi.' je dorme. i>