‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 87 sur 138 · S CO.M'ES · texte numérisé non relu

S CO.M'ES

Innocciuiiit'iit rebelle, arrêtée en courant, L'onde à son tour s'offense, et vive, et peu dormeuse,

Elle se change en cascade écunieuse, Qui semble menacer de devenir torrent.-^

Le derviche elïrayé se recule, s'agite, Étourdi du fracas que lui-même a causé; Pour ses rêves pieux il cherche une autre gite, Regrettant son jardin sans fatigue arrosé.

Accablé de chaleur, il s'assied sur la route ;

De son front tout poudreux l'eau tombe goutte à goutte.

«Maudit ruisseau! dit-il, me résister! frémir!

Murmurer quand je parle ! ah ! je sais des entraves

Qui rendront avant peu tes libertés esclaves! »

Et rafraîchi d'espoir, il se met à dormir. .

Mais, tandis qu'à plein cœur le derviche sommeille,

L'oiseau dans le buisson, la vigilante abeille.

Le vent qui fait tourner la feuille du bouleau,

Toul imite une voix soufflant à son oreille:

« Dormez en paix, mon père, et laissez couler l'eau. «

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