‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 93 sur 138 · A VIE ET LA MORT DU RAMIER · texte numérisé non relu

A VIE ET LA MORT DU RAMIER

Ilélas! nous n'avons pas jiiié de vivre ciisemlile, Jlais nous^vons promis <le nous aimer toujouis !

JuLtS DE ReSSÉGUIER.

De la colombe au bois c'est le ramier fidèle ; S'il vole sans repos, c'est qu'il vole auprès d'elle; 11 ne peut s'appuyer qu'au nid de ses amours, Car des ailes de feu l'y récliaufïent toujours !

Laissez battre et brûler deux cœurs si bien ensemble; Leur vie est un fil d'or qu'un nœud secret assemble, Il traverse le monde et ce qu'il fait souffrir : >e le déliez pas! vous les feriez mourir.

Ils ne veulent à deux qu'un peu d'air, un peu d'ombre, Une place au ruisseau qui rafraîchit le cœur ; Seuls, entre ciel et terre, un nid suave et sombre, Pour s'entr'aider à vivre, ou cacher leur bonheur !

Quand vous ne verrez plus passer par ce rivage Cette blanche moitié de la colombe aux bois, -Valiez pas croire au moins que l'un d'eux suit volage; Bien qu'ils aiment toujours; ils n'aiment qu'ime fois!

Tii PLEURS ET ni-VRES FLEURS.

Laissez-vous entraîner sur leurs traces perdues,

Vers le nid, doux sépulcre alors silencieux.

Et vous y trouverez quatre ailes-détendues

Sur deux cœurs mal éteints rallumés dans les cioux !

Page 1