‹ Poésies de MalherbeChapitre 10 sur 45 · AU ROI LOUIS XIII · texte numérisé non relu

AU ROI LOUIS XIII

allaut châtier la rébellion des Piochellois, et chasser les Anglois qui en leur faTeiu- étoient descendus dan* Tisle de Ré.

JL'ONc un nouveau labeur à tes armes s'apprête .• Prends ta foudre, Louis, et va comme un lion Donner le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.

/i8 LIVRE I.

Vins cboir en sacrifice au démon de la France Les fronts trop élevés de ces âmes d'enfer ; Et n'épargne contre eux, pour notre délivrance, Ni le feu ni le fer.

Assez de leurs complots Tiniidcic malice A nourri le désordre et la sédition :

Quitte le nom de Juste , ou fais voir ta justice En leur punition.

Le centième décembre a les plaines ternies , Et le centième avril les a peintes de fleurs, Depuis que })armi nous leurs brutales manies Ne causent que des pleurs.

Dans toutes les fureurs des siècles de tes percs Les monstres les plus noirs fîrent-ils jamais rien Que l'inbumanité de ces cœurs de vipères Ne renouvelle au tien.''

Vciv qui sont aujourd'hui taut de villes désertes, Tant de grands bâtiments en masures changés, lit de tant de chardons les campagnes couvertes , Que par ces enrages ?

Les Bceptres devant eux n'ont point de privilèges , Les immortels eux même en soiU persécutés; Et c'est aux plus saints lieux que leurs maius sacrilèges Font plus d'impiétés.

Marche, va les détruire , éleins-cn la semence ; Et suis jusqu'à leur lin ton courroux gi-uéreux , Sans jamais écouter ni pitié ni clémence Qui te parle pour eux.

Ils ont beau vers le ciel leurs murailles accroître ,

ODES. 4y

Beau d'un soin assidu travailler à leurs forts , Et creuser leurs fossés jusqu'à faire jjaroître Le jour entre les morts :

Laisse-les espérer , laisse-les entreprendre. Il suffit que ta cause est la cause de Dieu . Et qu'avecque ton bras elle a pour la défendre Les soins de Richelieu ;

Richelieu , ce prélat de qui toute l'envie Est de voir ta grandeur aux Indes se borner . Et qui visiblement ne fait cas de sa vie Que pour te la donner.

Rien que ton intérêt n'occupe sa pensée , Nulr divertissements ne l'appellsnt ailleurs; Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncéc, 11 en a de meilleurs.

.Son ame toute grande est une ame hardie , Qui pratique si bien l'art de nous secourir. Que, pourvu qu'il soit cru , nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir.

Le ciel, qui doit le bien selon qu'on le mérite, Si de ce grand oracle il ne t'eût assisté , Par un autre présent n'eût jamais été quitte Envers ta piété.

Va , ne diffère plus tes bonnes destinées ; Mon Apollon t'assure et t'engage sa foi Qu'employant ce Tiphys , Syrtes et Cyances Seront havres pour toi.

Certes , on je me trompe , ou déjà la Yictoirc , Qui son plus grand honneur de tes palmf-s attend,

5n LIVRE T.

Est aux bords «le Charente en son Labit de gloire , Pour te rendre coûtent.

Je la vois qui l'appelle, et qui semLIe te dire : i'ioi, le plus graud des rois, et qui m'es le plus cLer , Si tu veux que je t'aide à sauver ton empire , Il est temps de marcher.

One sa façon est hrave et sa mine assurée .' Qu'elle a fait richement son armure étoffer ! Et qu'i; se connoit hien à la voir si parée Que tu vas triompher .'

Telle, en ce grand assaut où des fils de la Terre La rage ambitieuse à leur houle parut , Elle sauva le ciel, et rua le tonnerre Dont l'riare mourut.

Déjà de tous côtés s'avancoicnt les approches : Ici couroit Mimas, là l'vphon se balloit, Et là suoit Euryle à détacher les roches Qu'Encelade jctoit.

A peine cette vierge eut l'affaire embrassée, Qu'aussitôt Jupiter eu son trône remis Vit selon son d.?sir io tempête cessée , Et n'eut plus d'ennemis.

Ces colosses d'orgueil furent tous mis en poiidre. Et tous couverts des monts f|U ils avoienf arrHchés; Phlegre qui les reçut pue encore la foudre Dont ils furent tou(-hés.

l/exemple tlelcur race à jamais abolie /levoil sous ta merci tes rebelles plover: Biais seroit-ce raison (ju'une même folie N'eût pas même loyer .^

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