‹ Poésies de MalherbeChapitre 11 sur 45 · O DES · texte numérisé non relu

O DES

Dt'ja rétounement leur fait la couleur bl^roe; Et ce lâche voisin qu'ils sont allés qtiérir. Misérable qu'il est , se couflamue lui-même A fuir ou mourir.

Sa faute le remord : Mégère le regarde , Et lui porte l'esprit à ce vrai sentiment , Que d'une injuste offense il aura , quoiqu'il larde , Le juste cliâtiraent.

Bien semble être la mer une barre assez forte Pour nous ôter l'espoir qu'il puisse être battu : Mais est-il rien de clos dont ne t'ouvre ia porte Ton heur et ta vertu ?

Neptune , importuné de ses voiles infâmes , Comme tu paroitras aiî passage des flots Voudra que ses Triions, mettent la main aux rames, Et soient tes matelots.

Là rendront tes guerriers tant de sortes de preuve». Et d'une telle ardeur pousseront leurs efforts , Que le sang étranger fera monter nos fleuves Au-dessus de leurs bords.

Par cet exploit fatal en tous lieux va renaître La bonne opinion des courages francois; Et le monde croira , s'il doit avoir un maître , Qu'il faut que tu le sois.

O que pour avoir part en si belle aventure , Je me souhaiterois la fortune d'Eson, Qui, vieil comme je suis, revint contre nature En sa jeune saison .'

De quel péril extrême est la gueri'e suivie

Où je ne fisse voir que tout l'or du Levant IS'a rien que je compare aux honneurs d'une vie Perdue en te servant ?

Toutes les antres morts n'ont mérite ni marque ; Celle-ci porte seule un éclat radieux , Qui i'ait revivre l'homme , et le met de la barque A la table des Dieux.

IVIais quoi .' tous les pensers dont les âmes bien nées Rxcitent leur valeur et flattent leur devoir , Que sout-ce que regrets , quand le nombre d'années Leur 6te le pouvoir ?

Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines Eu vain dans les combats ont des soins dUigeuts : Mars est comme l'Amour ; ses travaux et ses peines Veulent de jeunes gens.

Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages; IVlou esprit seulement, exempt de sa rigueur , A de quoi témoigner en ses derniers ouvrages Sa première vigueur.

Les puissantes faveurs dont Parnasse nj'honore Non loin de mou berceau eomniencerent leur cours ; Jeles possédai jeune, et les possède encore A la lin de mes jours.

Co que j'en ai reçu je veux te le produire ; Tu verras mon adresse ;et tou front cette fois Sera ceint de rayons qu'on ne vit jamais luire Sur la tète des rois.

Soit que de tes lauriers ma lyre s entretienne. Soit que de tes bontés je la fasse parler,

Quel rival assez vain prétencha que la sicnue Ait de quoi ni'égaler ?

Le fameux Amphiou, dout la voix nompareillt; Bâtissant une ville étonna l'univers, Quelque bruit qu'il ait eu , n'a point fait de merveille Que ne fassent mes vers.

Par eux de tes Leaux faits la terre sera pleine ; Et les peuples du Nil qui les auront ouis Donneront de l'encens comme ceux de la Seine Aux autels de Louis.

ODE

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