‹ Poésies de MalherbeChapitre 14 sur 45 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

STANCES

O I des maux renaissants avec ma patience TN'oïit pouvoir d'arrêter un esprit si hautain. Le temps est médecin d'heureuse exjiërience : Son remède est tardif, mais il est bien certain.

T.e temps à mes douleurs promet une allégeance, Et de voir vos beautés se passer quelque jour ; ]-ors je serai vengé, si j'ai de la venj;eanc»' Pour un si beau sujet pour qui j'ai tant d'amour.

Vous aurez un mari sans être fjuerc aimée.

Ayant de ses désirs amf)rti le ilambcau ;

l.t de cette prison de cent chaînes formée

Vous n'en sortirez point que par l'Jiuis du tombeau.

Tant de j)€rfections qui vous lenderil superbe , Les restes d'un mari, sentiront le reclus; J'4 vos jeunes beautés flétriront coninie l'herbe (^ue roii a trop foulée cl qui ne fleurit plus.

STANCES. 6i

Vous aurez des enfants^ des douleurs incroyables , Qui seront près de vous , et criront alentour ; Lors fuiront de vos yeux les soleils agréables , Y laissant pour jamais des étoiles autour.

Si je passe en ce temps dedans votre province , Vous voyant sans beautés, et moi rempli d'honneur. Car peut-être qu'alors les bienfaits d'un grand prince Mariront ma fortune avecque le bonheur :

Ayant nu souvenir de ma peine fidèle ,

Mais n'avant point à l'heure autant que j'ai d'ennuis,

Je dirai; Autrefois cette femme fut belle.

Et je fus autrefois plus sotque je ne suis.

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