‹ Poésies de MalherbeChapitre 22 sur 45 · LA SIBYLLE TIBURTINE · texte numérisé non relu

LA SIBYLLE TIBURTINE

A la 7-eine.

Sous ta bonté s'en va renaître Le siècle où Saturne fut maître ; Thémis les vices détruira ; L'Honneur ouvrira son école; Et dans Seine et Marne luira Même sablon que dans Pactole.

STANCES

chantées à la suite des précédentes par mie Sibylle, au nom de tous les François.

ifil 2.

UoNC après tin si long séjour,

l'"leurs de lis, voici le retour

De vos aventures prospères ;

Et vous allez être à nos yeux

Fraîches comnu' aux yeux de nos pères,

Lorsque vous tombâtes des cieux.

STANCES. i3i

A ce coup s'en vont les Destins Entre les ] eux et les iiestins Nous faire couler nos années , Et commencer une saison Où nulles funestes journées ]Ne verront jamais l'iiorizon.

Ce n'est plus comme auparavant, Que, si l'Aurore en se levant D'aventure nous voyoit rire , On se pouvoit bien assurer.

Tant la Fortune avoit d'empire , Que le soir nous verroit pleurer.

De toutes parts sont éclaircis Les nuages de nos soucis ; La sûreté chasse les craintes ; Et la Discorde , sans flambeau , Laisse mettre avecque nos plaintes Tous nos soupçons dans le tombeau.

O qu'il nous eût coûté de morts , O que la t'^rance eût fait d'efforts, Avant que d'avoir par les armes Tant de provinces qu'en un jour.

Belle Reine , avecque vos charmes Vous nous acquérez par amour)

Qui pouvoit, sinon vos bontés , Faire à des peuples indomtés Laisser leurs haines obstinées. Pour jurer solemnellement.

En la main de deux Hyménées, D'être amis éternellement?

Fleur des beautés et des vertus ,

i32 LiTrxii II.

Après nos maîheurs abattus D'u«ne si parfaite victoire.

Quel marbre à la postérité Fera paroître votre gloire Au lustre qu'elle a mérité ?

Non , non , malgré les envieux ,

La raison veut qu'entre les Dieux

Votre image soit adorée ;

Et qu'aidant comme eu^x; aux mortels .

Lorsque vous serez implorée,

Comme eux vous ayez des autels.

Nos fastes sont pleins de lauriers De toute sorte de guerriers :

Mais , hors de coûte flatterie, Furent-ils jamais embellis Des miracles que fait Marie Pour le salut des fleurs de lis ?

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