LA SIBYLLE TIBURTINE
A la 7-eine.
Sous ta bonté s'en va renaître Le siècle où Saturne fut maître ; Thémis les vices détruira ; L'Honneur ouvrira son école; Et dans Seine et Marne luira Même sablon que dans Pactole.
STANCES
chantées à la suite des précédentes par mie Sibylle, au nom de tous les François.
ifil 2.
UoNC après tin si long séjour,
l'"leurs de lis, voici le retour
De vos aventures prospères ;
Et vous allez être à nos yeux
Fraîches comnu' aux yeux de nos pères,
Lorsque vous tombâtes des cieux.
STANCES. i3i
A ce coup s'en vont les Destins Entre les ] eux et les iiestins Nous faire couler nos années , Et commencer une saison Où nulles funestes journées ]Ne verront jamais l'iiorizon.
Ce n'est plus comme auparavant, Que, si l'Aurore en se levant D'aventure nous voyoit rire , On se pouvoit bien assurer.
Tant la Fortune avoit d'empire , Que le soir nous verroit pleurer.
De toutes parts sont éclaircis Les nuages de nos soucis ; La sûreté chasse les craintes ; Et la Discorde , sans flambeau , Laisse mettre avecque nos plaintes Tous nos soupçons dans le tombeau.
O qu'il nous eût coûté de morts , O que la t'^rance eût fait d'efforts, Avant que d'avoir par les armes Tant de provinces qu'en un jour.
Belle Reine , avecque vos charmes Vous nous acquérez par amour)
Qui pouvoit, sinon vos bontés , Faire à des peuples indomtés Laisser leurs haines obstinées. Pour jurer solemnellement.
En la main de deux Hyménées, D'être amis éternellement?
Fleur des beautés et des vertus ,
i32 LiTrxii II.
Après nos maîheurs abattus D'u«ne si parfaite victoire.
Quel marbre à la postérité Fera paroître votre gloire Au lustre qu'elle a mérité ?
Non , non , malgré les envieux ,
La raison veut qu'entre les Dieux
Votre image soit adorée ;
Et qu'aidant comme eu^x; aux mortels .
Lorsque vous serez implorée,
Comme eux vous ayez des autels.
Nos fastes sont pleins de lauriers De toute sorte de guerriers :
Mais , hors de coûte flatterie, Furent-ils jamais embellis Des miracles que fait Marie Pour le salut des fleurs de lis ?