X-/NFIN ma patience et les soins que j'ai ])ris
Ont, selon mes souhaits, adouci les esprits
Dont l'injuste rigueur si long-temps m'a fait plaindre.
Cessons de soupirer:
Grâces à mon destin , je n'ai plus rien à craindre,
Et puis tout espérer.
Soit qu'étant le soleil dont je suis enflammé Le plus aimahlc ohjet qui jamais fut aimé , On ne m'ait pu nier qu'il ne fût adorable ,
Soit que d'un oppressé Le droit bien reconnu soit toujours faA orable,
Les Dieux m'ont exaucé.
Naguère que j'oyois la tempête souffler,
i44 LIVRE II.
Que je voyois la vague en montagne s'enfler, Et Neptune à mes cris faire la sourde oreille ,
A-peu-près englouti , Eussé-je osé prétendre à l'heureuse merveille
D'en être garanti ?
Contre mon jugement les orages cessés Ont des calmes si doux en leur place laisses , Qu'aujourd'hui ma fortune a l'empire de l'onde;
Et je vois sur le bord Un ange , dont la grâce est la gloire du monde ,
Qui m'assure du port.
Certes , c'est lâchement qu'un tas de médisants ^ Imputant à l'amour qu'il abuse nos ans ,, De frivoles soupçons nos courages étonnent ;
Tous ceux à qui déplaît L'agréable tourment que ses flammes nous donnent
Ne savent ce qu'il est.
S'il a de l'amertume à son commencement, Pourvu qu'à mon exemple on souffre doucement, Et qu'aux appas du change une ame ne s'envole,
On se peut assurer Qu'il est maître équitable , et qu'enfin il console
Ceux qu'il a fait pleurer.