STANCES SPIRITUELLES
( o u E z Dieu par toute la terre , Non ])our la crainte du tonnerre Dont il meuace les humains.
STANCES. 145
Mais pour ce que sa gloire en merveilles abonde , El que tant de beautés qui reluisent au inonde Sont des ouvrages de ses mains.
Sa providence libérale
Est une source générale
Toujours prête à nous arroser.
L'aurore et l'occident s'abreuvent en sa course ; Ou y puise en Afrique, on y ])uise sous l'Ourse ;
Et rien ne la peut épuiser.
N'est-ce pas lui qui fait aux ondes
Germer les semences fécondes
D'un nombre infini de poissons; Qui peuple de troupeaux les bois et les montagnes, Donne aux prés la verdure, et couvre les campagnes
De vendanges et de moissons .*•
Il est bien dur à sa justice
De voir l'impudente malice
Dont nous l'offensons cbaque jour :
Mais , comme notre père , il excuse nos crimes ; Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes,
Sont des marques de son amour.
Nos affections passagères.
Tenant de nos humeurs légères ,
Se font vieilles en un moment ; Quelque nouveau désir comme un vent les emporte : La sienne, toujours ferme et toujours d'une sorte
Se conserve éternellement.
STANCES