‹ Poésies de MalherbeChapitre 37 sur 45 · A MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉAJNS · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉAJNS

JVJ. USES, qaand finira cette longue remise De contenter Gaston et d'écrire de lui? Le soin que vous avez de la gloire d'autrui Peut-il mieux s'employer qu'à si belle entreprise ?

En ce malheureux siècle où chacun vous nit'piise, Et quiconque vous sert n'eu a que de l'eimui. Misérable neuvaine, où sera votre appui , S'il ne vous tend les maius et ne vous favorise;'

Je crois bien que la peur d'oser plus qu'il ne îaut ,

Et les difficultés d'un ouvrage si haut.

Vous ôtent le désir que sa vertu vous donne :

Mais tant de beaux objets touslesj ours s'augiiicii tan t,s Puisquen âge si bas leur nondjre vous étonne , Comme y fournirez- vous quand il aura vingt :uis ?

AU ROI LOUIS XIII, après la guerre de 1621 et i6a2 contre les huguenots.

IVI. USES, je suis confus ; mon devoir me convie A louer de mon roi les rares qualités;

SONNETS. i8(

Mais le mauvais destin qu'ont les témérités l'ait peur à ma foiblesse et m'en ôte l'envie.

A quel front orgueilleux n'a l'audace ravie Le nombre des lauriers qu'il a déjà plantés ? Et ce que sa valeur a fait en deux étés Alcide l'eût-il fait en deux siècles de vie .••

Il arrivoit à peine à l'âge de vingt ans , Quand sa juste colère assaillant nos Titans Nous donna de nos maux l'heureuse délivrance.

Certes , ou ce miracle a mes sens éblouis ,

Ou Mars s'est mis lui-même au trône de la France ,

Et s'est fait notre roi sous le nom de Louis.

Page 1