Je t'ai vu, tu me plais
Quand espuisé, cédant à mon malheur,
Prest à finer ugne ingrate carrière ,
Je succombay d'angoisse et de chasleur :
Le doulx sommeil vint clorre ma paulpiere , • 355
Et pour ung temps fist trefve à ma douleur.
Ung songe ( hélas ! trop estoit véritable )
Fist m'apparoir çls^me à tant mireulx tràicts ,
Que du beau gars qui sert les dieulx à table ,
Et de Cyprine au soubriz délectable , 36o
Croy qu'en ung viz rassembloit les pourtraicts.
Des miens pensers d'abord fust soubveraine
Cette qu'ainsy se monstroit à mes yeulx ;
Non y tant d'esclat ne brilla soubz les cieulx !
Se n'estoit faye , ou fors image vaine , ^^^
Telle jamais n'embellit ces bas lieulx.
En bauldrier, ceignoit pourprine zone
Corsage altier, d'où pendoit un carquois ,
Comme en soustint Penthésile amazone ,
Et voltigeoit tel superbe tricois 370
Que n'eust, chassant, la fille de Latone :
Sembloit vers moy, d'ung soubriz amoureulx,
En inclinant son angélique teste ,
Me dire : « Amy, plus ne sois malheureulx ,
« T'ay veu , me plaiz ; veulx estre ta conqueste ; ^1^
2i6 "^Ptiiti
Vtrê 377. Déjà tum'ackerois....