‹ Poesies de Marguerite-Eleonore ClotildeChapitre 120 sur 174 · Je t'ai vu, tu me plais · texte numérisé non relu

Je t'ai vu, tu me plais

Quand espuisé, cédant à mon malheur,

Prest à finer ugne ingrate carrière ,

Je succombay d'angoisse et de chasleur :

Le doulx sommeil vint clorre ma paulpiere , • 355

Et pour ung temps fist trefve à ma douleur.

Ung songe ( hélas ! trop estoit véritable )

Fist m'apparoir çls^me à tant mireulx tràicts ,

Que du beau gars qui sert les dieulx à table ,

Et de Cyprine au soubriz délectable , 36o

Croy qu'en ung viz rassembloit les pourtraicts.

Des miens pensers d'abord fust soubveraine

Cette qu'ainsy se monstroit à mes yeulx ;

Non y tant d'esclat ne brilla soubz les cieulx !

Se n'estoit faye , ou fors image vaine , ^^^

Telle jamais n'embellit ces bas lieulx.

En bauldrier, ceignoit pourprine zone

Corsage altier, d'où pendoit un carquois ,

Comme en soustint Penthésile amazone ,

Et voltigeoit tel superbe tricois 370

Que n'eust, chassant, la fille de Latone :

Sembloit vers moy, d'ung soubriz amoureulx,

En inclinant son angélique teste ,

Me dire : « Amy, plus ne sois malheureulx ,

« T'ay veu , me plaiz ; veulx estre ta conqueste ; ^1^

2i6 "^Ptiiti

Vtrê 377. Déjà tum'ackerois....

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