Si un fatal intervalle nous sépare
« Réveille-toy !... » D'ung bayser chaloureulx ,
fà m'achevoisi diyinité barbare !
Lors y tout-à-coup m' enlevant ses pavotz ,
rraistre sommeil y de ses faveurs avare ,
Pist mon bonheur fuyr avec mon repoz, 38o
St me rendit aux horreurs du Ténare.
Vouluz mourir ; ainz voids à mes costés,
De cheveulx blonds ugne espaisse ondelette
\ si beau chief tout freschement ostés ,
Et qui loy oient ung fragment de tablette 38^
Où le stylet ces mots avoit nostës :
« S'il faut y hélas ! que vous rende les armes ,
« Beaulx yeulx, tandiz qu'estes d'ombres couverts,
« Ainsy fermés , se ne tiens à vos charmes ,
« Que feriez donc s'estiez possible ouverts? Sgo
« Au loing de vous m'en vay traisnant des fers ;
« Ne me lairont qu'au terme de ma vie :
« Ainz ayme mieulx renoncer à vous voir,
« Que s'exposoye à perdre sans espoir
« Sa liberté , cil qui me l'a ravie ; 395
« Par fol appas t ne veulx le décevoir.
« Se nous disjoint ung fatal intervalle ,
« Seulette au moins, en proie aux vains regrets ,
« Jusqu'en Tazile où croistront mes cyprès,
ai8 ^pottiti
Vers 40 1 si ce n'est se» attraits.
4o3 . (. . . . cette écorce^ le poète suppose apparemment qae les ttthUues étoient faites d'écorce d'arbre.)
4o3. Je crus que mes yeax alloient fondre en pleurs.
4o4 je me surprenois....