‹ Poesies de Marguerite-Eleonore ClotildeChapitre 121 sur 174 · Si un fatal intervalle nous sépare · texte numérisé non relu

Si un fatal intervalle nous sépare

« Réveille-toy !... » D'ung bayser chaloureulx ,

fà m'achevoisi diyinité barbare !

Lors y tout-à-coup m' enlevant ses pavotz ,

rraistre sommeil y de ses faveurs avare ,

Pist mon bonheur fuyr avec mon repoz, 38o

St me rendit aux horreurs du Ténare.

Vouluz mourir ; ainz voids à mes costés,

De cheveulx blonds ugne espaisse ondelette

\ si beau chief tout freschement ostés ,

Et qui loy oient ung fragment de tablette 38^

Où le stylet ces mots avoit nostës :

« S'il faut y hélas ! que vous rende les armes ,

« Beaulx yeulx, tandiz qu'estes d'ombres couverts,

« Ainsy fermés , se ne tiens à vos charmes ,

« Que feriez donc s'estiez possible ouverts? Sgo

« Au loing de vous m'en vay traisnant des fers ;

« Ne me lairont qu'au terme de ma vie :

« Ainz ayme mieulx renoncer à vous voir,

« Que s'exposoye à perdre sans espoir

« Sa liberté , cil qui me l'a ravie ; 395

« Par fol appas t ne veulx le décevoir.

« Se nous disjoint ung fatal intervalle ,

« Seulette au moins, en proie aux vains regrets ,

« Jusqu'en Tazile où croistront mes cyprès,

ai8 ^pottiti

Vers 40 1 si ce n'est se» attraits.

4o3 . (. . . . cette écorce^ le poète suppose apparemment qae les ttthUues étoient faites d'écorce d'arbre.)

4o3. Je crus que mes yeax alloient fondre en pleurs.

4o4 je me surprenois....

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