Tu veux apprendre.... et tu ne rêves
Il est certain que l'un de ces fragmens (le second) est antérieur aux deux autres ; il appartient au poëme de la Nature : il en reste encore bien des vers. Le dernier semble tenir au premier ^ Clotilde l'adresse à ses petits-enfants , en 1481 . (?Vote de M. de Surville.)
be eiotîlbe* 3oï
Grâce au temps qu'ay vescu , se peult que les povrets
De cil que tout destruit , n'appréhendent les traicts :
Tel que fiz sans effort , ne corrige sanz payne ; 4^
Ainz quand simples et doulx coulèrent de ma vayne y
N'eusse dict qu'en fauldroit^ septénaire , bannir
Vocables dont jeunette aymoye à les garnir.
Ainsi yeult le tyran qui des langues dispose !
L'ay bravé moultefoiz : n'est de soir que n'oppose 5o
^ ces caprices yainz , comme sacrés remparts ,
Verbes que vay puyzant au siècle des Cézarts :
Ce faizanty que dust Rome au langaige d'Attique,
Au romain le debvrions , comme a faict l'italique ;
Et d'où vient n'oseroye , indigente , glesner 55
Où Dante , jà long- temps , bien oza meyssonner ?...
Hé Dieu ! de quel soulcy te vaz rompre la teste ,
Clotilde? à te sayzir quand 1» Parque s'appreste ,
Beau veoir jecter le gant pour si graves tansons !
Veulz apprendre à mourir ?*.. ne resves que chansons! 6o
3oa ^etiiii
CHAIVT ROYAL A CHARLES YIII.
(CVst la bataille de Fomoue.... On sait que Charles YIII , en sortant d'Italie, battit et dispersa Parmée combinée des puissances belligérantes de PEurope , liguées en faveur de Ludovic , usurpateur du Milanois. Le duc de Mantoue étoit leur généralissime. Clotilde écrmt donc ce chant en i^gS, âgée de quatre-vingt-dix ans et plus. (Tfote de M. dit SuruiUe.)
Vert 3. Pourquoi tes flots.... roulent-ils avec tant de £erté? 3. {Saynt , pour Seine.)
13. (Cette première strophe est sans doute ce quUl y a de plus inconcevable dans tout ce recueil ^ en écrivant ^un.$ au lieu de fleuris et en supprimant l'ancienne orthographe , onpourroit la croire faite de nos jours. Il n'en est pas ainsi des suivantes , et surtout de la troisième, dont les cinq premiers vers sont presque barbares. Il faut que Jeanne de Vallon ou M. de Surville ait grandement retouché cette première strophe.)
i3. ... dont la troupe (four&e, de turba) sibonde.
14. Autour (sur les bords) du Pô , dont les vagues se soulèvent d'effroi.
U eiotîlbe. 3o3
A CHARLES YIII^
Qui fait enfler ton cours , fleuve bruyant du Rosne ?
Pourquoi roulent si fiers tes flotz tumultueux ?
Que la nymphe de Sayne , au port majestueulx ,
De ses bras argentins aille entourant le trosne ;
Tu luy faiz envyer tes bonds impestueulx ! - ^
Des fleuves , tes esgaulx , coulent en assurance
Parmy des champs flouris , des plaines et des bois :
Toy, qu'un goufire profond absorbe à ta nayssance,
Mille obstacles divers combattent ta puyssance ;
Tu triomphes de tous. Tel, vengeur de ses droicts, 10
Charles brave F Europe et fait dire à la France ,
«Rien n*est tel qu*ung héroz soubz la pourpre des roys! »
Où courent ces guerriers dont la tourbe foyzonne En tour du Pô, d'effroy soudain tourmentueulx ?
3o4 ^9tiiti
Vers 16. Derant l'armée (/'o«t)....
1 7 . Pensent-ils donc l'arrêter. . . .
18. {RetcenU, r^Knts \ rememhrance, souvenir. ) 19 n'enchatne-t-il pas?
ao. Leur ligue parjure n'a-t-elle pas assez reconnu. . . .
ai. Que pour rebuter....
aa. Les Alpes , même les Apennins, sont de fragiles remparts (^pa^ rois, de paries, mur ).
a3. Va, frappe-les.... parte ce cri..«.
♦ a5 à 39. (Pour entendre ces cinq yers , il faut passer tout de suite
du premier au cinquième : Tel Jupiter écrasa les enfants de la terre ^
Yoilà le sens résumé de cette phrase si longue et si embarrassa : nous
allons à présent l'expliquer dans &es détails.)
a5. Hésios, Hésiode^ le cygne de Sulnione, Oride.
a6. Plutôt effrontés que yoluptueux.
a 7 . Ont peints vindicatifs .... «
a8. Qui eut son temple.... (Voici donc la construction de la phrase entière : Tel l'arbitre souverain des dieux plutôt libertins que voluptueux , qu'Hésiode et Ovide ont peints vindicatifs.... tel , dis-je , l'arbitre souverain de ces dieux , qui eut son temple à Dodone , écrasa....)
3o l'auguste demeure , l'Olympe.