‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 21 sur 118 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Et chemine aussi lentement Que ton ami quand il te quitte.

Sachons un moment contenir Ce feu d’amour qui nous dévore :

Un moment , un moment encore , Et l'imposture va finir.

Les baisers de la jeune Aurore Ont vieilli l'amant qu’elle adore , Et les miens vont te rajeunir.

Mais, à cette enivrante image , Ton bras encor plus tendrement Presse le mien : un doux nuage S’abaisse sur ton oeil charmant; Déjà ton âme s’abandonne Au bonheur que tu dois goûter ;

Et l’antique voile s'étonne De sentir un cœur palpiter.

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