‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 28 sur 118 · STÉSICHORE · texte numérisé non relu

STÉSICHORE

Pour la première fois du sort abandonnée ,

Aux parvis de Minerve Athènes prosternée Accusait de ses maux Périclès et les dieux.

Par les dieux inspiré , le jeune Slésichore S’avance ; et sous sa main le bouclier sonore Remplace les accents du luth mélodieux.

Prêtant des sons plus fiers à l’Élégie en larmes , Nobles Athéniens , il vous rappelle aux armes ;

11 chante les lauriers cueillis à Marathon :

Il chante; etdcTyrtéeon crut voir le génie Guidant Lacédémone aux champs de Messénie ,

Ou le dieu de Claros armé contre Python.

« Vainqueurs de Marathon ! quel trouble vous égare ! » Levez-vous , triomphez de Sparte et de Mégare ;

» Echapper à l’affront de leur joug odieux.

» Sparte et Mégare en vain jurent votre ruine;

» Vainqueurs Je Marathon ! vainqueurs de Salamine ! » Répondez-moi de vous , je vous réponds des dieux.

» Les cruels I si jamais ils touchent nos rivages,

» Malheur à nous ! suivis du deuil et- des ravages ,

« Ils briseront des morts les pieux monuments ;

» Et de nos fiers aïeux les cendres désolées ,

» Sur nos fronts avilis retomberont mêlées . r « Aux cendres des palais et des temples fumants.

ÉLÉGIES

» 0 Pudeur! \ erras-tu la barbare licence » Au pied de ta statue outrager l'innocence ,

» Et souiller le pur sang des antiques héros !

» Athènes ! verras-tu nos vierges profanées » Rougir au nom de mère, et pleurer condamnées *. A nourrir dans leurs flancs les fils de tes bourreaux !

« Ah ! de ces noirs destins que le fer nous préserve !

Notre ville est encor la ville de Minerve :

.. Athènes défendra les dieux de ses foyers;

» Athènes aux vainqueurs ne sera point soumise !

» Doux flots de l'Ilissus 1 fraîches eaux du Céphise !

» Vous n'abreuverez point leurs sauvages coursiers. »

Aux rapides accords du renaissant Tyrtée,

On dit que tout à coup de Minerve agitée Tressaillirent la lance et le bouclier d’or.

Un aigle s'élança dans la plaine azurée ,

Dispersa des vautours la troupe conjurée,

Et sur l'olive en fleur reposa son essor.

A ce présage heureux , en agitant le glaive ,

Dans sa force première Athènes se relève ;

Les braves sont armés de leurs longs javelots ;

Ils partent, plus joyeux que ces brillants Ihéores Dont les groupes , mêlés aux chœurs des canéphores , Volaient, parés de fleurs, aux fêtes de Délos.

Les hymnes d’espérance et les chants de victoire , Frappant de Sunium le vaste promontoire ,

Retentirent au loin dans l’espace des airs ;

Et les échos sacrés de l’enceinte divine Entretinrent longtemps du nom deSalamine Les échos des v allons , des rochers et des mers.

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