DEUXIÈME VERSION
Do In dépouille de nos bois L'automne avait jonché la terre,
Et sur la branche solitaire Le rossignol était sans voix.
Mourant à la fleur de son âge,
Un jeune habitant du vallon Parcourait un jour le bocage Où sifflait le triste aquilon :
« Doux bocage! adieu.... je succombe.
Tu m'avertis de mon destin;
De ma mort la'feuille qui tombe Est le présage trop certain.
Falar oracle d’Epidaure ,
Tu r as dit : « Les feuilles des bois ..» A scs yeux jauniront encore;
•• Et c'est pour la dernière fois.
» Rien de sa languissante vie n Ne peut ranimer le flambeau.
•> Sa jeunesse sera flétrie » Avant l’herbe de la prairie,
» Avant le pampre du coteau. »
El je meurs ! de sa froide haleine Un vent funeste m’a touché;
* Mon printemps commençait à peine,
Et mon hiver s’est approché.
Tombez, tombez, feuilles légères!
ÉLÉGIES
Et pour la plus tendre des mères Couvrez quelque temps ce chemin ; Qu'elle ne puisse reconnaître Le funèbre asile où peut-être Son fils reposera demain.
Mais si, d’un long crêpe voilée,
Mon amante dans la vallée Venait pleurer quand le jour fuit , Éveillez par un faible bruit Mon ombre un instant consolée. >
Et le lendemain, vers la nuit,
Son âme s’était exhalée.
Sa mère (peu de temps , hélas ! ) Vint tous les soirs dans la vallée Visiter la tombe isolée;
Et son amante ne vint pas *.