‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 3 sur 118 · DEUXIÈME VERSION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME VERSION

Do In dépouille de nos bois L'automne avait jonché la terre,

Et sur la branche solitaire Le rossignol était sans voix.

Mourant à la fleur de son âge,

Un jeune habitant du vallon Parcourait un jour le bocage Où sifflait le triste aquilon :

« Doux bocage! adieu.... je succombe.

Tu m'avertis de mon destin;

De ma mort la'feuille qui tombe Est le présage trop certain.

Falar oracle d’Epidaure ,

Tu r as dit : « Les feuilles des bois ..» A scs yeux jauniront encore;

•• Et c'est pour la dernière fois.

» Rien de sa languissante vie n Ne peut ranimer le flambeau.

•> Sa jeunesse sera flétrie » Avant l’herbe de la prairie,

» Avant le pampre du coteau. »

El je meurs ! de sa froide haleine Un vent funeste m’a touché;

* Mon printemps commençait à peine,

Et mon hiver s’est approché.

Tombez, tombez, feuilles légères!

ÉLÉGIES

Et pour la plus tendre des mères Couvrez quelque temps ce chemin ; Qu'elle ne puisse reconnaître Le funèbre asile où peut-être Son fils reposera demain.

Mais si, d’un long crêpe voilée,

Mon amante dans la vallée Venait pleurer quand le jour fuit , Éveillez par un faible bruit Mon ombre un instant consolée. >

Et le lendemain, vers la nuit,

Son âme s’était exhalée.

Sa mère (peu de temps , hélas ! ) Vint tous les soirs dans la vallée Visiter la tombe isolée;

Et son amante ne vint pas *.

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