‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 49 sur 118 · A MONSIEUR D · texte numérisé non relu

A MONSIEUR D

MON CCIDE ET MON ÀMf.

Philosophe modeste, ami sincère et tendre,

Qui méritez la gloire et n’osez y prétendre ,

Ariste , recevez ce fruit de mes loisirs.

De l’élude , par vous , j’ai goûté les plaisirs :

C’est vous qui le premier, par des avis sévères, Daignâtes corriger mes rimes trop légères ;

Qui le premier du goût m’enseignâtes les lois,

Et de l’expression la noblesse et le choix.

Vos leçons m'ont formé : mes vers sont votre ouvrage; Vous ne pouvez, Ariste, en dédaigner l’hommage. Jamais dans mes tableaux l'obscène nudité Ne vient effaroucher la pudique beauté ;

Jamais surtout mon vers , qu'aucun fiel n’envenime , N’immole un honnête homme au besoin d’une rime.

Je hais le satirique et sou rire moqueur ;

Il brille par l’esprit, mais aux dépens du. cœur.

Oh ! si le dieu des vers, protégeant ma jeunesse ,

Et me guidant lui-même aux rives du Permessc,

POEMES

Ofi

Daigne un jour à mes vœux accorder ses présents. J’ornerai votre front de mes lauriers naissants. Mais si la noire envie, à nuire toujours prèle, S’agite et fait siffler scs serpents sur ma tète,

Si Zoile affamé déchire mes écrits,

Cherchant, pour l’oublier, vos entretiens chéris, Au sein de l'amitié touchant en paix ma lyre,

Je me consolerai des traits de la satire.

LES PLAISIRS DU POETE

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