‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 54 sur 118 · LES JALOUSIES LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

LES JALOUSIES LITTÉRAIRES

Il ne se souvient pas que les Muses sont sœurs;

II n’a goûté jamais la volupté suprême De s’entendre applaudir dans un autre soi-même;

Et, ses vers exceptés , n'aimant lien qu'à demi... Malheureux! vingt succès valent-ils un ami?

O Racine ! 6 Boileau ! véritables modèles Des rares écrivains et des amis fidèles !

L’un à l'autre enchaînés jusque dans l'avenir,

Vos deux noms fraternels n’ont pu so désunir.

La mort seule brisa votre chaîne invincible.

Quand l’un de vous, trop faible, hélas! et trop sensible, Disgracié d’un roi dontil blessa l’orgueil,

Va payer de sa mort le refus d’un coup d’œil ,

Avec un long effort , près de la dernière heure ,

Sa voix éteinte adresse à l’ami qui le pleure Un seul mot où son cœur s'exhale tout entier :

« Je meurs heureux , dit-il ; car je meurs le premier. »

Prétendez-vous comme eux vivre dans la mémoire ? Égalez leurs vertus pour atteindre à leur gloire.

Un génie obscurci d’envieuses vapeurs

Ne jette qu’un feu pâle et des éclairs trompeurs.

Accablez de ses torts celui qui vous irrite,

Mais ne déguisez point l'éloge qu’il mérite.

Par des mortels jaloux vous êtes outragés,

Soyez justes pour eux, et vous serez vengés.

Imprudents ennemis 1 n’allez point dans la lice Des sols toujours ligués réjouir la malice :

L’un à l’autre plutôt servez-vous de soutiens.

Qu’ils renaissent pour vous, ces heureux entretiens Où s'échauffe l’esprit, où l'âme se réveille,

Où le choc fait jaillir la flamme qui sommeille,

POEMES

Où le goût , rallumant son antique flambeau , Avertit l'écrivain des nuances du beau.

Songez-y, les enfants divisés par la haine Appauvrissent bientôt le paternel domaine :

N'immolez point le vôtre à de fougueux débats. Disputez-vous la palme, et ne la brisez pas.

EMMA ET ÉGINARD.

Muse d’amour et de mélancolie,,

Qui , dédaignant les frivoles concerts Du luth badin monté par la Folie,

Cherches au loin , rêveuse et recueillie , L’ombre des bois et la paix des déserts, Inspire-moi ! Rends ma voix douce et pure Comme les flots du ruisseau qui murmure!

Or, écoutez, cœurs tendres, cœurs aimants!

Mon fabliau, de deux jeunes amants,

Va vous conter la touchante aventure,

Et d’un grand roi qu’admire l’univers Le nom fameux ennoblira mes vers.

Partout vainqueur, le puissant Charlemagne Avait enfin écrasé tout entier Ce Vitikind, l’aigle de l'Allemagne, D’Arminius ce terrible héritier.

Laissant enfin respirer la victoire,

Le grand monarque, au milieu de sa gloire, Coûtait dans Aix un repos fortuné.

EMMA ET ÉGINARD. <09

Do paladins sans cesse environné,

Aux jeux guerriers il formait leurs courages:

Tantôt, des bois parcourant tes ombrages,

11 renversait sous un épieu sanglant Le daim rapide et le chevreuil tremblant,

Les sangliers et les buffles sauvages;

Tantôt dressait sur le terrain poudreux Les destriers réservés aux batailles ;

Tantôt fendait de ses bras vigoureux Le flot captif en des bassins nombreux ;

Ou plus tranquille, au sein de ses murailles, Interrogeait du Celte et du Gaulois Les simples mœurs et les naïves lois.

Il reproduit ces hymnes inspirées

Qui sur la harpe, aux vieux jours d’Israël ,

Montaient vers Dieu des hauteurs du Carmel ,

Et du Jourdain charmaient les eaux sacrées.

Autour de lui les arts obéissants Ont prodigué les travaux renaissants :

Des fiers Romains la noble architecture Vient décorer la demeure des rois,

De la chapelle étend la voûte obscure ,

L’arceau gothique et les parvis étroits.

Par cent canaux eette onde sulfureuse Que lentement jaunirent les métaux,

Multipliant sa vertu généreuse,

Soutient la vie, et détourne les maux.

Tout se revêt d’une pompe inconnue :

La tour s'allonge et monte dans la nue;

Le cirque s’ouvre en son immensité ;

Où s’enfonçaient de profondes tanières,

Du pavillon s'agitent les bannières,

Et le désert se transforme en cité.

POEMES

Digne ornement de la cour paternelle,

La jeune Emma , si naïve et si belle ,

Depuis six mois brillait dans ce séjour.

Princes et rois vont la priant d'amour.

Par des hauts faits et de grands coups de lance, Maint chevalier sollicite son choix,

Et, prodiguant carrousels et tournois,

Sous ses couleurs dans les joutes s'élance.

Vœux superflus ! Eginard a charme Ce cœur sans art qui s'ignorait encore.

Humble est son nom , mais l'honneur le décore : 11 est aimable, il aime, il est aimé.

Sujet zélé d’un prince magnanime,

De Charlemagne il a toute l’estime.

Soit au conseil, soit au champ des combats,

Il suit partout ce maître qu’il révère,

Et tour à tour du glaive arme son bras,

Et de Clio tient la plume sévère.

Tant que brillait l'astre entlammé du jour,

Des deux amants la tendresse captive Trompait les yeux d'une cour attentive;

I^c froid respei t déguisait leur amour.

( Amour caché devient encor plus tendre. )

Mais quand des nuits le crêpe allait s'étendre, Emma fuyait le royal appareil ,

El regagnait l'asile du sommeil.

Là, chaque soir, vers cel humble ermitage,

Que des jardins protégeait le feuillage,

Sous les balcons, Eginard de retour Lui racontait les longs ennuis du jour;

EMMA ET ÉGINARD.

Et , dans l’espoir d’un consolant mensonge , Ils se quittaient pour se revoir en songe.

Oh! que le jour s’écoulait lentement!

Quand le soleil sur la nature entière Darde ses feux , Éginard tristement Accuse, hélas! sa jalouse lumière, àstre plus doux, astre pâle et charmant!

Sur l’univers il t’invite à descendre,

Et par ce chant mélancolique cl tendre Sa voix t’invoque et te dit son tourment:

Heure du soir! heure paisible et sombre, Descends des cieux sur ton char nébuleux !

Du jour trop lent viens éteindre les feux , Et verse-nous les bienfaits de tou ombre!

Pour qui d'absence a gémi tout le jour, Heure du soir est aurore d'amour.

Dès qu'entrouvrant la porte orientale L'aube vermeille a réjoui les cieux ,

De nos forêts T hôte mélodieux Vient saluer l'étoile matinale;

Mais, pour deux cœiii's séparés tout le jour, Heure du soir est aurore d'amour.

L'astre éclatant , sur son trône de flamme ,

Des nuits en vain bannit l'obscurité;

Quand sur le inonde il répand sa clarté,

L’ombre des nuits est encor dans mon Ame.

Pour un amant qui languit tout le jour,

Heure du soir est aurore d'amour.

Trois fois déjà la nocturne courrière Avait rempli sa paisible carrière;

Au front des cieux, le troisième croissant Arrondissait son disque pâlissant,

POEMES

Depuis qu'Amour d’une chaîne fleurie Avait uni ces fidèles amants,

Et que du soir l’ombre douce et chérie Favorisait leurs rendez-vous charmants.

Voilà qu’un jour, jour de gloire et d'alarmes, Du jeune amant le roi s'approche et dit :

« Brave Eginard , côurs préparer tes armes !

De mon repos Irène s'enhardit; .

J’ai pénétré sa sombre politique.

Le froid Germain , l'orgueilleux Bavarois ,

J^e fier Saxon , terrassé tant de fois ,

Vendent leurs bras à sa querelle antique;

Et l'habitant des bords de la Baltique ,

Et d'Atlila le descendant grossier,

A ses destins viennent s'associer

Tous périront. Point de paix, point de trêve!

Je n’aurai pas en vain repris le glaive.

A ta valeur , à ton zèle assidu ,

Brave Eginard, un noble prix est dû;

Viens l’obtenir : aux champs de la victoire, • Je te promets les périls et la gloire. »

Il dit, s’éloigne : Eginard confondu Beste sans voix ; sa douleur est tranquille.

Moine et pensif, il demeure immobile,

Pareil au flot durci par les hivers,

Et dans ses yeux roulent des pleurs amers.

Quitter Emma! languir séparé d'elle!

Dans scs faveurs que la gloire est cruelle !

L’espoir si doux de revenir vainqueur En d’autres temps eût enivré son cœur;

Mais juge, Emma, si sa flamme est sincère!

Mémo à la gloire Eginard te préfère.

EMMA ET ÉGINARD.

Le lendemain , dès le réveil du jour,

S’est déployé l'étendard des conquêtes;

Et Charlemagne au milieu de sa cour A des combats prélude par des fêtes.

De toutes parts brillent les boucliers ;

De toutes parts les jeunes chevaliers,

Rêvant déjà les hautes aventures ,

L’œil enflammé, polissent leurs armures.

La lance au poing , l’un exerce en champ clos Son destrier fatigué du repos;

L’autre, aux caveaux des vieilles basiliques. De ses aïeux vient toucher les reliques,

Ou visiter la tombe des héros.

Loin des regards , beautés mélancoliques !

Vous achevez, en les baignant de pleurs,

Les tendres nœuds de rubans et de fleurs ,

De nœuds plus doux images symboliques.

Plus d'une aussi , pour l'ami de son cœur, Porte une offrande à la sainte chapelle,

Priant tout haut qu'il revienne vainqueur, Priant tout bas qu’il revienne fidèle.

Le ménestrel commence ses chansons.

Du flageolet, de la tendre guitare Pour les héros il renforce les sons ,

Et sa romance au combat les prépare :

Preux chevaliers, honneur du vieux pavois!

De Charlemagne entendez-vous la voix?

Servants d’amour, la guerre vous réclame.

Que chacun s'arme, et défende à la fois

POEMES

Lance en arrêt , marchez, 'aillants rivaux !

Le lier Roland préside à vos travaux,

Le lier Roland qui reudit sa grande finie En défendant, aux champs de Roncevaux , Son Dieu , son roi , son pays et sa dame.

Vous reviendrez briller dans les tournois; Les ménestrels rediront vos exploits;

Et vous verrez celle qui vous enflamme Dresser la main qui servit à la fois Son Dieu , son roi , son pays et sa daine.

Los cris «lu brave et l'hymne des combats, Triste Epinard , ne te raniment pas;

Et leur signal redouble encor tes larmes.

Tel un coursier qu’amour vient assaillir, Mort pour la gloire , entend sans tressaillir L’aigre clairon qui l’appelle aux alarmes :

Tel Éginard languit au bruit des armes.

N’importe, hélas! il faut partir Demain

De la Baltique il suivra le chemin.

De son départ l’affligeante nouvelle N’a point encor d’une amante fidèle Déchiré l’âme : heureuse par l’espoir, Elle attendait le rendez-vous du soir.

Celait aux jours où le printemps frissonne, Craignant l'hiver qui revient quelquefois D’une main brusque arracher sa couronne.

De la tempête au loin mugit la voix,

Et dans les airs l’ouragan tourbillonne.

Eginard, seul, au vaste sein des nuits, Marche escorté de ses muets ennuis,

EMMA ET ËGINARD.

MS

Et la nature, un moment gémissante,

A ses douleurs semble compatissante.

Des lieux aimés s’approchant lentement,

Il les regarde , et s’arrête , et soupire.

« O mon Emma!... » dit-il: sa voix expire.

Emma lui parle, et parle vainement;

De l'aquilon le long rugissement

Couvre à grand bruit le faible et doux langage.

« Ta voix chérie expire dans l'orage,

Crie Ëginard ; l'ouragan sans pitié De les accents me ravit la moitié.

Oh I laisse-moi de ta retraite obscure Franchir le seuil d’un pied respectueux.

Comme ton cœur ma flamme est noble et pure :

Amour sincère est toujours vertueux. »

Emma l'écoute, hésite... la tempête Gronde en fureur; Ëginard sur sa tète Entend rouler les vents impétueux.

D’épais frimas la bruyère se couvre.

Emma le plaint. La porte enfin s’entr’ouvre,

Et la pudeur se confie à l'amour.

Peindrai-je, Emma, ton paisible séjour?

Des saints martyrs les figures gothiques Ornent des murs les pilastres antiques; Le chapelet, et l'eau sainte, et la croix, Sont suspendus aux modestes parois.

Vierge du ciel ! ton image chérie Est pour Emma le plus riche trésor :

C’est devant toi, douce et chaste Marie, Qu’à son réveil chaque jour elle prie....

Demain , hélas! l'osera-t-elle encor?

POEMES

Un seul flambeau , qui, de scs clartés sombres, Perce à demi l’obscurité du soir ,

Luit doucement : tel un rayon d'espoir Du noir chagrin vient éclaircir les ombres;

Faible rayon qui, pour quelques moments,

A d'Éginard suspendu les tourments!

Qu’à ses regards son Emma paraît belle!

Ses yeux longtemps restent fixes sur elle.

Trouble enchanteur ! muets ravissements!

Ils se parlaient jusque dans leur silence,

Car les soupirs sont la voix des amants.

Mais Éginard aux pieds d'Emma s'élance.

De son Emma sa main presse la main.

Un souffle ardent s’échappe de leur âme ;

Il se confond, et leurs lèvres de flamme

Sans se chercher se rencontrent soudain

Dans tous leurs sens court et se précipite

Un feu rapide. Emma son sein palpite;

Elle rougit et pâlit tour à tour.

Une ombre humide , un nuage d’amour Voile ses yeux,; elle tremble, chancelle;

Mais tout à coup : « Fuis, Eginard! dit-elle,

Pour ton Emma montre-toi généreux.

Fuis, Eginard, sauve-moi de moi-même!

— Te fuir, Emma! te fuir!.... Ah! malheureux! Trop tôt, hélas! je perdrai ce que j’aime;

Demain... — Qu’entends-je? — Hélas! tel est mon sort. Demain je pars à la voix de mon maître,

Je cours chercher la victoire ou la mort.

Cet entretien est le dernier peut-être. »

Emma frissonne. « Ah! poursuit Eginard,

Peut-on jamais se séparer trop tard !

EMMA ET ÉGIJMRD.

0 mon Emma î que les feux de l’aurore A tes genoux me retrouvent encore ! »

Ainsi parlait Éginard éperdu.

Emma se tait : c’est avoir répondu.

Son cœur pourtant n’était pas sans alarme», Et murmurait des reproches confus.

Un long baiser, triste, mais plein de charmes, Fit sur sa bouche expirer le refus ,

El le bonheur naquit du sein des larmes.

Ne craignez point mes accords indiscrets, Couple amoureux! ma lyre sait se taire :

La poésie, amante du mystère,

Au dieu du jour voilera vos secrets.

Dans ces instants d'ivresse renaissante Les deux amants oubliaient l’univers;

Et cependant la neige éblouissante Avec lenteur descend du haut des airs.

A peine aux cieux la lumière est rendue, L’amant d’Emma , sur la morne étendue, Silencieux, fixe l’œil : « De mes pas,

Dit-il enfin, si l’empreinte perfide Allait guider le soupçon Irop rapide ? »

Emma répond : « A travers les frimas,

Forte d’amour, ne puis-je pas moi-même Loin de ces lieux porter celui que j’aime?

Viens , Éginard , fuyons , ne tardons pas ! »

Et, soulevant son amant dansées bras,

En frissonnant d’amour et d’épouvante ,

Elle l’emporte, et la neige mouvante Crie et fléchit sous ses pieds délicats.

Dans le trajet l’amour les accompagne.

Ils approchaient du terme : Charlemagne,

POEMES

Laissant errer scs regards incertains,

De l’Occident méditait les destins.

Il voit.... Un songe, une vaine chimère. L’abusent-ils? 0 trop malheureux père!

Que feras-tu ? Quel supplice assez prompt Sur Éginard vengera ton affront?

Lorsque le jour eut coloré la nue,

Les deux amants par son ordre appelés, L’effroi dans l'âme, interdits et troublés, Baissant les yeux, paraissent à sa vue;

Et sur leur front une vive couleur A remplacé l’amoureuse pâleur.

11 les regarde ; et d'un accent sévère :

« Levez les yeux, répondez sans détour;

Je veux surtout, je veux qu’on soit sincère Si , possédé d’un criminel amour,

Un serviteur d’une obscure naissance Croyait pouvoir avec impunité Trahir l’honneur et la reconnaissance

Et les saints nœuds de l'hospitalité

Si cet ingrat, lâchement téméraire, Déshonorait la fille de son roi,

Prenez ma place, et prononcez pour moi; Au criminel assignez son salaire,

Parlez! » Tous deux embrassent ses genoux « C’en est assez , poursuit-il , levez-vous !

Je vois l’arrêt qu’il faut que je prononce :

Dans un instant vous saurez ma réponse. »

Il sort. Emma , d’une mourante voix :

« Embrassons-nous pour la dernière fois, Objet chéri que j’ai rendu coupable!

Dans un instant on va nous séparer;

Et pour jamais. — Ah ! plutôt expirer!

EMMA ET ÉGINARD. 119

Nous séparer! non, rien n’en est capable;

Le tombeau seul Si le ciel veut ma mort,

O mon Emma! par un dernier effort,

Pour me pleurer consens à me survivre,

Et jure-moi — Je jure de te suivre. «

Mais Charlemagne est déjà de retour.

Des paladins, des barons de sa cour A ses côtés parait la noble élite.

Tous , l’observant d’un regard curieux ,

Cherchent en vain sur son front sérieux A démêler quel projet il médite.

La jeune Emma captive aussi les yeux.

Pudeur! amour! votre incarnat colore Scs traits charmants de douleur obscurcis;

Et la douleur les embellit encore.

Le roi des preux au trône s’est assis :

« Nobles seigneurs, compagnons de ma gloire,

Vous me suivrez aux champs de la victoire !

Vous, Archambaul, propagez toutefois Ce code utile, ami de l’innocence,

Dont j’ai dicté les prévoyantes lois;

El que mes lois régnent en mon absence!

Vous, Adélard, par vos efforts constants,

De l'ignorance écartez les nuages;

Éclairez-nqus des flambeaux que les sages Ont allumés sur la route des temps!

Vous tous, du Dieu que l’univers adoie Parez le temple et parfumez l’autel ;

Que l'hymne saint, plus solennel encore,

Arrive au pied de son trône immortel !

Rendons le ciel à nos armes propice Par la valeur, surtout par la justice.

Juste est l’arrêt que je vais prononcer;

POEMES

Je sais punir; je sais récompenser.

A mes bienfaits si quelqu'un doit prétendre, C’est Éginard ! Eginard , sois mon gendre ! » Les chevaliers , jaloux d’un tel honneur , Mais conservant loyauté pour devise, Confessent tous avec grâce et franchise Que leur rival mérite son bonheur.

L’heureux coupable et sa douce compagne Viennent baiser la main de Charlemagne, Non sans rougir ; et dès le même jour Le chaste hymen cousacra leur amour.

BELZUNCE

BELZUNCE

ou

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