‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 77 sur 118 · LA LEÇON D’AMOUR · texte numérisé non relu

LA LEÇON D’AMOUR

Zulmis brillait Comme l’œillet Dans la prairie.

Elle inspirait La rêverie;

Était jolie,

Et l’ignorait.

Léger corsage , Tendre maintien , Nature sage N’oublia rien

POÉSIES LËGEHES.

A son partage.

Mais quel dommage!

Zulmis, hélas!

De tant d'appas Ne savait pas Encor l'usage.

Myrlil lui plut,

Elle reçut

Son tendre hommage.

Tous deux s'aimaient Et se donnaient Dans le bocage Baisers charmants , Quoique innocents.

Un jour qu'à l'ombre D'un bosquet sombre Us folâtraient,

Deux tourterelles Près d’eux étaient, Qui roucoulaient,

Se becquetaient,

Et de leurs ailes Se caressaient.

Ce doux mystère A la bergère Donne à songer;

Et le berger Qui les contemple Ose tenter De profiler De leur exemple.

L’histoire dit Qu’il réussit.

POÉSIES LÉCÈKES.

Ils s’instruisirent De grands secrets; Ensemble ils firent De grands progrès.... Les tourterelles Les plus fidèles, Même à leur tour, Du couple tendre Auraient pu prendre Leçon d’amour.

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