‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 78 sur 118 · LA FAUVETTE · texte numérisé non relu

LA FAUVETTE

Dans les bois l’amoureux Myrtil Avait pris fauvette légère :

« Aimable oiseau , lui disait-il ,

Je te destine à ma bergère.

Pour prix du don que j’aurai fait, Que de baisers! ., si ma Lucette M’en donne deux pour un bouquet , J’en aurai dix pour la fauvette. »

La fauvette dans le vallon A laissé son ami fidèle ,

Et fait tant que de sa prison Elle s’échappe à tire-d’aile.

« Ah ! dit le berger désolé ,

Adieu les baisers de Lucette !

Tout mon bonheur s’est envolé Sur les ailes de la fauvette. >•

POÉSIES LÉGÈRES

Myrtil retourne au bois voisin , Pleurant la perte qu'il a faite; Soit par hasard, soit à dessein, Dans le bois se trouvait Lucette :

Sensible à ce gage de foi ,

Elle sortit de sa retraite En lui disant : « Console-toi ,

Tu n’as perdu que la fauvette. »

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