CHANSON
Dans cette pièce l'auteur raconte sa propre mésaventure. Des voleurs adroits l'avaient complètement dévalisé.
Mes amis, on prétend à tort Qu’un pocte n’est pas volable ; Aujourd’hui de ce triste sort Je suis l’exemple déplorable.
Rien n’est plus vrai : Bias nouveau , N’ayant rien pour être plus leste,
Je puis répéter in petto Mon omnia mecum porto...
C’est une douceur qui me reste.
Comme on avait sans doute appris Mon peu de goût pour la parure, Habits, linge, l’on m’a tout pris, Malgré cadenas et serrure.
POÉSIES LÉGÈRES
De mon mobilier peu content,
On a saisi d’une main preste Trente-six francs d’argent comptant...
Ce qui me console pourtant,
C’est qu’on ne prendra pas le reste.
J’en voudrais presque au garnement Qui, sans pitié pour mes alarmes,
Ne m’a pas laissé seulement Un mouchoir pour sécher mes larmes ; Mais il respecta mes écrits En voleur discret et modeste.
Venez, innocents manuscrits,
Petits vers , avortons chéris I Tenez-moi lieu de tout le reste.
Prenons notre parti gaîment;
N’ai-je pas des grâces à rendre ?
On m’a laissé fort galamment...
Tout ce qu'on n’a pas pu me prendre.
Après tout, si je suis volé,
J’ai pour braver mon sort funeste, Avec un cœur tout consolé,
Ma bonue humeur et mon Ëglé :
Cela vaut mieux que tout le reste.