‹ Poésies de MillevoyeChapitre 15 sur 119 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Disait : « Fiile de l'Aurore , Tu m'embelliras demain. »

Mais sur ta tige légère Tu t'abaissas lentement; Et l'ami de la bergère Vint te chercher vainement.

11 s'en retourne et soupire :

« Console-toi, beau pasteur!

Ton amante encor respire, Tu n'as perdu que la fleur.

» Hélas ! et ma jeune amie Ainsi que l'ombre a passé ; Et le bonheur de ma vie N'est plus qu'un rêve effacé.

» Elle était aimable et belle , Son pur éclat s'est flétri , Et trois fois l'herbe nouvelle Sur sa tombe a refleuri. »

A ces mots sous la ramée Je suis ma route, et j'entends La voix de ma bien-aimée Me redire : « Je t'attends* »

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