‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 101 sur 112 · LE REVE A DEUX · texte numérisé non relu

LE REVE A DEUX

"^Entends-tu sonner l'heure Qui t'appelait vers moi?

On dirait qu'elle pleure De me trouver sans toi.

Elle aimait à renaître Sous nos chants amoureux.

C'était rêver peut-être :

Mais nous rêvions à deux.

D'une voix souveraine Tout se laisse enchanter.

Tu soumettrais la reine Qui t'entendrait chanter.

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Dans ses ennuis sans trêves.

Cette dame aux longs yeux Donnerait tous ses rêves Pour notre rêve à deux.

Mais depuis que l'absence Tourmente ma raison, Mon âme est en démence, Le monde est ma prison.

C'est la cage affligée Où se heurtent mes vœux.

J'étais si protégée Dans notre rêve à deux!

Hors de tes bras fidèles, Froide à tous les accords, La danse n'a plus d'ailes Pour soulever mon corps.

A moi-même ravie, Tout bien m'est douloureux, Le jour même est sans vie Après le rêve à deux.

Comme un orage emporte Tous les oiseaux d'un bois,

Rien ne cbante à ma porto Où ne vient plus ta voix.

Ah! si le ciel écoute Les amants malheureux, Lft douce mort sans doute Sera le rêve à deux !

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