‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 28 sur 112 · AU LIVRE DE LEOPARD · texte numérisé non relu

AU LIVRE DE LEOPARD

^L est de longs soupirs qui traversent les âges Pour apprendre l'amour aux âmes les plus sages. O sages ! de si loin que ces soupirs viendront, Leurs brûlantes douceurs un jour vous troubleront.

Et s'il vous faut garder parmi vos solitudes Le calme qui préside aux sévères études, Ne risquez pas vos yeux sur les tendres éclairs De l'orage éternel enfermé dans ces vers,

Dans ces chants, dans ces cris, dans ces plaintes voilées. Tocsins toujours vibrant de douleurs envolées. Oh ! n'allez pas tenter, d'un courage hardi, Tout cet amour qui pleure avec Leopardi!

Leopardi! Doux Christ oublié de son père, Altéré de la mort sans le ciel qu'elle espère, Qu'elle ou\Te d'une clé pendue k tout berceau , Levant de l'avenir l'insoulevable sceau.

Ennemi de lui seul! Aimer, et ne pas croire! Sentir l'eau sur sa lèvre et ne pas l'oser boire ! Ne pas respirer Dieu dans l'âme d'une fleur! Ne pas consoler l'ange attristé dans son cœur !

Ce que l'ange a souflFert chez l'homme aveugle et tondre, Ce qu'ils ont dit entre eux sans venir à s'entendre, Ce qu'ils ont l'un par l'autre enduré de combats , Sages qui voulez vivre, oh ! ne l'apprenez pas !

Oh, la mort! ce sera le vrai réveil du songe! Liberté! ce sera ton règne sans mensonge! Le grand dévoilement des âmes et du jour; Ce sera Dieu lui-même. ... oh, ce sera l'amour!

AMOUR 1 9

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