‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 9 sur 112 · JOUR D'ORIENT · texte numérisé non relu

JOUR D'ORIENT

?^E fut un jour pareil à ce beau jour Que, pour tout perdre, incendiait l'amour.

Cétait un jour de charité divine Où, dans l'air bleu, réternité chemine; Où, dérobée à son poids étouffant, La terre joue et redevient enfant; C'était partout comme un baiser de mère, Long rêve errant dans une heure éphémère; Heure d'oiseaux, de parfums, de soleil, D'oubli de tout. . . . hors du bien sans pareil.

Nous étions deux î . . C'est trop d'un quand on aime

Pour se garder. . . . Hélas, nous étions deux.

Pas un témoin «ini sauve de soi-même!

Jamais au monde on n'eut plus besoin d'eux

Que nous l'avions! Lui, trop près de mon âme.

Avec son âme éblouissait mes yeux ;

J'étais aveugle à cette double flamme,

Et j'y vis trop, quand je revis les cieux.

Pour me sauver, j'étais trop peu savante ;

Pour l'oublier. ... je suis encor vivante !

C'était un jour pareil à ce beau jour Que, pour tout perdre, incendrait l'amour!

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