UNE LETTRE DE FEMME
t§ES femmes, je le sais, ne doivent pas écrire,
J'écris pourtant, Afin que dans mou cœur au loin tu puisses lire Comme eu partant.
Je ne tracerai rien qui ne soit dans toi-même
Beaucoup plus beau :
Mais le mot cent fois dit, venant de ce qu'on aime.
Semble nouveau.
(^uil te porte au bonheur ! Moi, je reste à l'attendre.
Bien que, là-bas.
Je sens que je m'en vais, pour voir et pour entendre
Errer tes pas.
Ne te détourne point s'il passe une liirondrlle
Par le chemin, Car if rrois que c'est moi qui passerai, fidèle.
Toucher ti main.
Tn t'en vas, tout s'en va ! Tout se met on voyage,
Lumière et fleurs ; Le bel été te suit, me laissant à l'orage,
Lourde de pleurs.
Mais si l'on ne vit plus que d'espoir et d'alarmes
Cessant de voir, Partageons pour le mieux : moi, je retiens les larmes Garde l'espoir.
Non, je ne voudrais pas, tant je te suis tinio.
Te voir souffrir :
Souhaiter la douleur h. sa moitié bénie.
C'est se ha'ir.