‹ Poésies de Sainte-BeuveChapitre 23 sur 39 · A MADAME M · texte numérisé non relu

A MADAME M

Quoi ! vous voulez , par bonté , quelquefois , Pour épargner ma paupière un peu tendre , Un peu lassée, au soir, me faire entendre, Lu par vous-même , un livre de mon choix !

Vous liriez tout , Fauriel et Gaulois* ;

Et le sujet , à fond , me viendrait prendre , Dans le fauteuil où j’oserais m’étendre , Indifférent à l’accent de la voix !

Mais votre voix, c’est la couleuvre vive, Insinuante et limpide et furtive ,

Col gracieux et de gris nuancé I

La voir courir est chose trop peu sûre :

Elle est sans dard , et je crains sa piqûre ; Ou, tout au moins, je crains d’être enlacé.

* L’excellente Histoire de la Gaule méridionale , par M. Fauriel, avait paru vers ce temps, mais un peu importante et sérieuse pour être lue à deux en cette façon.

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