A MADAME M
Quoi ! vous voulez , par bonté , quelquefois , Pour épargner ma paupière un peu tendre , Un peu lassée, au soir, me faire entendre, Lu par vous-même , un livre de mon choix !
Vous liriez tout , Fauriel et Gaulois* ;
Et le sujet , à fond , me viendrait prendre , Dans le fauteuil où j’oserais m’étendre , Indifférent à l’accent de la voix !
Mais votre voix, c’est la couleuvre vive, Insinuante et limpide et furtive ,
Col gracieux et de gris nuancé I
La voir courir est chose trop peu sûre :
Elle est sans dard , et je crains sa piqûre ; Ou, tout au moins, je crains d’être enlacé.
* L’excellente Histoire de la Gaule méridionale , par M. Fauriel, avait paru vers ce temps, mais un peu importante et sérieuse pour être lue à deux en cette façon.
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