POUR UN DÉPART
Pleurer. , oiseaux 1 la jeune Tarentine * ,
Une autre fois, a, pour l’algue marine, Quitté nos prés.
Une dernière fois, la jeune Athénienne,
En se jouant , a vogué vers Cyrène -,
Pleurer. !
Pleurez, oiseaux et colombes plaintives:
Et vous gaîment, abeilles, sur nos rives Ne murmurez !
Celle qui vous suivait, celle dont fut la vie Joie et blancheur et murmure , est enfuie . Pleurez !
Pleurez , vous tous , que sa voix qui caresse , Son œil qui rit, tenait avec adresse
Se rappeler la jolie pièce d’André Chénier et la Symétha de M. de Vigny.
Désespérés ;
Sa perte à tous les cœurs épris de sa morsure , Sans plus de miel , va laisser la blessure ; Pleurez !
Et vous , chanson , qu’elle appelait près d’elle , Et qui n’osiez qu’effleurer de votre aile Ses fils dorés ,
Sous le lilas désert , où sa place est laissée Soir et matin, fidèle à sa pensée,
Pleurez 1
Quand, delà jeune amante, en son linceul couchée, Accompagnant le corps , deux amis d’autrefois,
Qui ne nous voyons plus qu’à de mornes convois,
A cet âge où déjà toute larme est séchée ;
Quand, l’office entendu, tous deux silencieux, Suivant du corbillard la lenteur qui nous traîne, Nous pûmes, dans le fiacre où six tenaient à peine , L’un devant l’autre assis , ne pas mêler nos yeux,
Et ne pas nous sourire , ou ne pas sentir même Une prompte rougeur colorer notre front,
Un reste de colère, un battement suprême D’une amitié si grande, et dont tous parleront ;
Quand , par ce ciel funèbre et d’avare lumière ,
Le pied sur cette fosse où l’on descend demain , Nous pûmes jusqu’au bout, sans nous saisir la main, Voir tomber de la pelle une terre dernière;
Quand chacun , tout fini , s’en alla de son bord,
Oh ! dites ! du cercueil de cette jeune femme ,
Ou du sentiment mort, abîmé dans notre ame , Lequel était plus mort ?
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