‹ Poésies de SchillerChapitre 100 sur 258 · LE TRIOMPHE DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE L'AMOUR

de fer, à la laeur pâle de la lune, et nulle douleur secrète ne s'élevait dans ses désirs vers les astres pour invoquer les Dieux.

Hais voici que du milieu des flots d'azur apparaît, sur le rivage joyeux, la douce fille du Ciel, portée par les Naïades.

Une jeunesse nouvelle se répand^ comme le crépuscule de Taurore, à travers le monde entier, dans les airs, dans le ciel, sur les vagues et sur la terre.

La lumière du jour sourit dans les ombres des forêts, et les fleurs balsamiques s'épanouissent au pied des arbres.

Déjà le rossignol soupire le premier chant d*amour, et la source harmonieuse répète ce même chant.

Heureux Pygmalion ! ton marbre s'émeut, s'anime. Dieu d'amour. Dieu vainqueur, embrasse tes enfants !

C'est par l'amour qae les Dieux sont heureux ! c'est par l'amour que les hommes ressemblent aux Dieux : l'amour rend le ciel plus beau et fait de la terre un séjour céleste.

Au milieu des festins où coule le nectar, les jours des Dieux s'écoulent comme un plaisir éternel , comme un rêve voluptueux.

234 pOÉSIpiS DE SCHILLER.

Assis sur spa trôiae lileyé» Jupiter balanae la foudre; TOlympa tremble effrayé; le maître souverain secoue la télé d'un air mpnaçapt, pidis il abandonne son trône aux Dieux, descend parmi les fils de la terre, soupire, comme un pâtre d'Arcadie, sous le feuillage, laisse son tonnerre immobile à ses pieds, et le destructeur des Géants s'endort sous les baisers de Héda.

A travers les larges espaces du ciel, Phébus conduit, avec des rênes d'or, les chevaux du soleil ; de ses traits il renverse des peuplades entières : mais il abandonne ses trails, ses chevaux brillants, et les oublie avec boqheur dans les charmes de l'amour et de l'harmonie.

Devant l'épouse de Jupiter s'inclinent les astres; devant son char pompeux brillent les paons superbes, et ses cheveux parfumés d'ambroisie portent la couronne suprême.

Belle Déesse, l'Amour aussi va s'approcher de ta majesté, et la reine des Dieux est forcée de descendre de ces sphères élevées pour demander la ceinture des Grâces à celle qui enchaîne les cœurs.

C'est par l'amour que les Dieux sont heureux ; c'est par l'amour que les hommes ressemblent aux Dieux : l'amour rend le ciel pluç beau et fait de la terre un séjour céleste.

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