LIVRE PREMIER
caprices. L* Union évangélique était donc déjà près de sa ruine, lorsque la Ligue^ jeune çt vigoureuse, se leva •contre elle.
Le manque d'argent ne permit pas aux princes unis de tenir plus longtemps la campagne. Effrayés cepen« dant des dangers auxquels ils s'exposeraient en déposant les armes devant un ennemi prêl à comballre, ils cherc])èrent à cacher leur impuissance par un accommodemer^t subit avec l'archiduc Léopold. Les deux partis consentirenl à retirer leurs troupes de l'Alsace, échangèrent leurs prisonniers , et jurèrent d'oublier tout ce qui s'était, passé.
Ce fut ainsi que se termina la première opération de celte Union évangélique qui, en se formant, avait fait naître tant d'espérance d'un côté et tant de craintes de l'autre. La Ligue prit à son tour une attitude et un langage menaçants. Les princes unis furent désignés par les épilhètes les plus injurieuses^ que l'on justifia aux yeux de l'Europe en lui dénonçant les ravages dont ces princes s'étaient rendus coupables.
Les évèchés de Wurtzbourg, de Bamberg, de Stras» bourg, de«Mayénce, de Trêves, de Cologne, tous les États enfin dont V Union avait fait le théâtre de ses exploits momentanes,récIamaient des indemnités proportionnées aux maux qu'ils avaient soufferts, et* exigeaient la restitution des défilés que les troupes de V Union occupaient encore dans les montagnes et sur le Rhin. Il fallait céder à la force; et, malgré, tout ce qu'il en coûtait à leur orgueil , les princes unis demandèrent la paix, qu'on ne leur accorda qu'aux plus dures conditions. L'orage se dissipa de nouveau, et, pour l'inskint du moins, rhori» zon politique redevint calme et serein. Mais presque aussitôt une révolution éclata en Bohême, et priva l'empereur de deux de ses États héréditaires. j ' Au milieu de ces calamités nouvelles, en 1612, Ro- ^ *
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dolphe II mourut. Ce monarque n'avait jamais été ni aimé ni respecté sur Iç trône, et aucun regret ne l'accompagna dans la tombe. Sous le règne suivant, desmalheurs si grands vinrent fondre sur TAllemagne, que le règne de Rodolphe parut une époque de gloire et de prospérité, et que TEmpire se vit forcé d^ déplorer la perte d'un pareil chef.
Il avait été impossible de décider l'indolent et pusillanime Rodolphe à se désigner un successeur. Les sinistres prévisions que cette négligence avait autorisées ne se réalisèrent pourtant pas; ce fut sans troubles, sans désordres, et même sans opposition, que Mathias monta sur le trône impérial. Les catholiques lui avaient donné leur voix , comptant sur son activité et sa vigueur morale ; les- protestants l'avaient soutenu , dans la ferme conviction qu'il serait impossible de mettre à la tète de l'Empire un chef plus ami du repos , plus moralement usé, et par conséquent moins redoutable pour eux» Cette contradiction apparente s'explique facilement, car les uns le jugeaient d'après ce qu'il avait été, et tes autres d'après ce qu'il était devenu.
Après Télection d'un empereur, toutes les espérances ambitieuses que la vacance a soulevées veulent être satisfaites , et sa première diète est touiours sa plus rude épreuve. Chaque représentant de l'Empire renouvelle ses anciennes plaintes et demande la réforme de tous les abus, comme si un nouvel empereur devait amener une nouvelle création.
C'était avec le secours des États protestants que Mathias était arrivé au trône de son frère; l'ambition ne lui avait pas permis de s'apercevoir, qu'en acceptant ce secours, il leur apprenait comment on dicte des lois à son maître. En revenant en Autriche après son expédition de Bohème, il y avait reçu une humble supplique^ par laquelle on lui demandait , en échange du serment