‹ Poésies de SchillerChapitre 188 sur 258 · LIVRE TROISIÈ&IE · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈ&IE

d'épuiser la patience et les ressources de son ennemi par un long siège, et de le mettre dans Timpossibiiité de se laisser entraîner par cette ardeur belliqueuse à laquelle Guslave-Adolphe devait ses plus belles victoires. Dans cette intention, Wallenstein s'établit au delà de la Rednitz, en face de Nuremberg, dans un camp qu'il fit fortifier avec soin. Cette position était tellement heureuse qu'elle dominait toute la ville et les faubourgs, et qu'elle lui permettait d'empêcher les convois de la Saxe, de la Franconie et de là Thuringe d'arriver à l'ennemi, qu'il se flattait de dompter par la famine et par les calamités qu'elle engendre. Ignorant les ressources secrètes de Gustave-Adolphe, il était loin de prévoir que les maux qu'il voulait attirer sur l'armée suédoise assailliraient d'abord la sienne.

Les habitants des envircMis de Nuremberg avaient presque tous pris la fuite avec leurs bestiaux et leurs provisions, et le peu de vivres que les fourrageurs impériaux pouvaient trouver dans cette contrée abandonnée, leur était presque toujours enlevé par des détachements suédois; car le roi ne voulait avoir recours aux magasins de la ville, pour Tusage de son armée, qu'à la dernière extrémité. Dès qu'elle se présenta , ces magasins s'ouvrirent pour lui, tandis que Wallenstein fut obligé d'aller s'approvisionner dans des provinces éloignées.

Un immense convoi de vivres, escorté par mille soldats d'élite, devait arriver de la Bavière au camp impérial. Les Suédois en furent instruits; un régiment de cavalerie sortit aussitôt de Nuremberg, et, protégé par roj>seurité de la nuit, il s'empara non-seulement du convoi, mais de la ville où il s'était arrêté. Cette expé-. diti<Mi valut à Gustave-Adolphe plus de quinze cents bêles à cornes et une foule d'autres provisions. Mille chariots chargés de pain, qu'on n'avait pu transporter, furent

Itvpés aux flammes. Les sept régiments, que le duc de Friedland avait envoyés au-devant de ce convoi pour le mettre à l^abri d*un coup de main, n'arrivèrent que pour constater son enlèvement et la perte de Tescorte, qui avait été taillée en pièces. Le roi de Suède, de son côté, avait pris les mêmes mesures pour protéger la prise que Ton venait de faire à Tennemi. Les deux corps se rencontrèrent, et, après un combat opiniâtre, les Impériaux s'enfuirent en laissant plus de quatre cents morts sur le terrain.

Tant de revers firent regretter à Wallenstein d'avw refusé la bataille que Gustave-Adolphe lui avait si audacieusement offerte; carie camp où il s'était retiré était si bien fortifié , qu'on pouvait le regarder comme imprenable ; et la jeunesse de Nuremberg, qui s*était aguerrie, fournissait au roi tous les sujets nécessaires pour remplacer, à l'instant même, les vides que les combats faisaient dans ses rangs. Si le manque de vivres commençait à se faire sentir dans la ville et dans son camp, celui des Impériaux était déjà en proie à latamine, et il était probable que- Walleiistein, serait le premier forcé d'abandonner sa position.

Depuis quinze jours déjà, les deux armées, retirées dans leurs camps fortifiés, étaient restées en face Tune de l'autre, se bornant à des escarmouches téméraire el insignifiantes. Les privations et les maladies oontagieoses avaient fait des deux côtés plus de ravages que le fer et le feu, et chaque jour augmentait la somme de ces maux, lorsque les renforts si impatiemment attendus par lei^ Suédois arrivèrent enfin.

Au premier appel de Gustave-Adolphe, le duc Guii* laume de Weimar s^élait empressé de former un corpi^ d'armée avec les garnisons de la basse Saxe et de Thuringe. D'un autre côté, le chancelier Oxens s'était chargé de conduire quatre régiments saxons.

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