‹ Poésies de SchillerChapitre 192 sur 258 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

diliver. L'instant était favorable pouriine pareille entreprise.

Secondée par les Suédois et les troupes de Télecteur de Brandebourg, Tannée saxonne avait remporté de grands avantages en Silésie. Le plus sûr moyen de sauver celte province était d'inquiéter Jean-Georges chez lui; ce qui était d'autant plus facile, que pour conquérir, ce pays il avait laissé la Saxe à découvert. Le duc de Friedland ne pouvait craindre d'être blâmé en sacrifiant les intérêts de la Bavière à la nécessité de conserver à l'Autriche une de ses provinces héréditaires. Il lui fut donc facile de cacher ses véritables intentions sous' le masque d'un dévouement à toute épreuve à la cause de l'empereur. En abandonnant au roi de Suède l'électeur de Bavière, il avait le droit d'espérer qu'il lui abandonnerait à ^on tour celui de la Saxe, pour lequel, au reste, ce monarque n'avait plus cette vive amitié qui, dans les premiers temps da leur alliance, l'avait poussé à tout quitter pour voler à son secours.

Délaissé p^r son perfide protecteur, l'infortuné Maximilien se sépara de lui à Bamberg, et retourna dans son pays avec les faibles débris de ses troupes, et l'armée impériale entra dans la forêt de Thuringe, en passant par Bareith et par Cobourg. Le générLl Holk avait été envoyé dans la Yoigtland avec six mille hommes et Tordre de tout ravager sur son passage. Bientôt après Gallas, autre général de Wallenstein, et l'un des plus ardents exécuteurs de ses ordres barbares, reçut la nnême mission, ainsi que le général Pappenheim, rappelé de la basse Saxe pour mettre le comble aux dévastations des États de Jean-Georges.

Des temples renversés, des villages incendiés, des maisons saccagées, des familles entières sans asile et sans moyens d'existence; des vieillards, des femmes, des enfants égorgés dans leurs demeures détruites, mar-

quaipnlla route que ces barbares avaient suivie à travers la Thuringe, la Voigtland et la Misnie.

Tant de désastres cependant n'étaient que le prélude de calamités plus terribles, dont la Saxe éuit menacée par le gros de Tarmée que Wallenstein commandait en personne. Après avoir tout mis à feu et à sang pendant sa marche cruellement lente et mesurée, Timpitoyable généralissime s'arrêta sous les murs de Leipzig» dont il s'empara. Son but était de pénétrer jusqu'à Dresde, et de no renouveler les négociations avec l'éleclcur qu'après s'être rendu maître de son pays*

Déjà il s'apprêtait à passer la Mulda, afin d'attaquer et de disperser Tarmée saxonne, qui s'était avancée à sa rencontre jusqu'à Torgau, lorsque la nouvelle de l'arrivée du roi à Erfurt le mit dans la nécessité de suspendre ses projets de conquête et de reculer jusqu'à Mersebourg, où il fit sa jonction avec le corps d'année de Pappenheim, dont le secours lui était devenu indispensable pour résister à la fois aux Saxons et aux Suédois, entre lesquels il se trouvait placé ; situation d'autant plus fâcheuse, que le duc Georges de Luncbourg ne tarda pas à leur amener un renfort considérable de la basse Saxe.

Gustave-Adolphe observait depuis longtemps les perfides machinations de l'Espagne et de l'Âutnche pour lui enlever ses alliés; l'électeur de Saxe était sans doute pour lui le plus important; mais plus d'un motif l'autorisait à douter de sa fidélité. Ce prince, accoutumés se voir le chef de son parti, ne supportait qu'à regwt l'intervention d'un étranger dans les affaires de l'Empire» et sa répugnance à seconder les succès de cet élrangci avait été plutôt assoupie que vaincue par le danger dont il l'avait sauvé.

L'autorité toujours croissante du roi de Suède, son inHuence prédominante sur les princes protestante i

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