‹ Poésies de SchillerChapitre 225 sur 258 · LIVRE QUATRIÈBIB. S · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈBIB. S

des renseignements sur cet homme extraordinaire^ aucun n'était entièrement indépendant; on peut don? douter de l'exactitude rigoureuse de leurs récits et de la justesse de leurs jugements. Rien ne prouve positivement sa trahison et ses projets sur la couronne de Bohême. Toutes les accusations à ce sujet ne s'appuient que sur de fortes présomptions, des apparences et des probabilités. Personne jusqu'ici n*a pu trouver des documents qui expliquent le secret motif de sa conduite avec la clarté et l'authenticité que demandent les vérités historiques.

Parmi tous les actes de sa vie privée, il n'en est pas un qui ne soit susceptible d'une interprétation favorable. Ses démarches les plus équivoques peuvent s'expliquer par le désir de terminer une guerre désastreuse, par une juste défiance des dispositions de i'enipereur, qu'il avait réduit à le craindre, et par le désir très-excusable de conserver ses hautes fonctions et l'immense influence politique qu'elles lui donnaient. Sa conduite envers l'électeur de Bavière prouve qu'il était implacable dans sa haine et insatiable dans sa vengeance; mais rien ne nous autorise à le regarder comme ayant été légalement reconnu coupable de haute trahison. Si, poussé au désespoir par une condamnation . tion méritée, il finit par devenir réellement coupable, i^tte condamnation n'en était pas moins injuste lorsqu'elle fut prononcée, et l'on peut dire que Wallenstein ne tomba pas parce qu'il fut rebelle, mais qu'il devint rebelle parce qu'il ne voulait pas tomber*. Au reste, ce

I On dirait qae SchlHer avait le pressentiment de ce qui devait arriver un jour. Lorsqu'en 1845 j'ai entrepris l'exploration du Danube, depuis ses sources jusq[u'à ses embouchures, j'ai passé par Vienne, et ià, j'ai appris que l'empereur Ferdinand, qui régnait alors, avait authentiquement reconnu l'innocence de Wallenstein tt réhabpilé sa mémoira. Cal acte de justice selon les uns,, devai-

fut un malheur pour lui pendant sa vie de s'êlre attiré l*inimîlié d*uu parti victorieux; ce fut encore un malneur pour lui après sa mort, car ce parti lui survécut et écrivit son histoire.

blesse selon les autres, attira au gouYemement autrichien un pro* ces pour la restitution des biens immenses ûu duc de Ffiedland, injustement confisqués, puisqu'il n'était pas coupable du erime qui avait autorisé cette confiscation. J'ai même eu occasion de voir à Presbonrg un jeune comte de Wallenstein, arriére-nevea du duc et au nom duquel se faisaiLce procès qui occupait toute la noblesse du paye. J'en ignore le résultat, mais le fait de la réhabilitation légale de Wallenstein par l'empereur d'Autriche m'a pan» mériter d'être signalé ici. (A'o(« du Tradmt»)

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