‹ Poésies de SchillerChapitre 232 sur 258 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

rent se joindre au corps d*arinée de Banner. Ce vaillant général profita aussitôt de ce renfort pour envahir la Saxe» et, n'écoutant que le besoin de la vengeance, il fit expier aux malheureux Saxons la trahison de leur maître.

Occupés sur les bords du Rhin et en Westphalie par le duc Bernard et par le landgrave Guillaume de Uesse- Cassel, les Impériaux ne purent venir au secours de leur allié, et la Saxe fut ravagée par une armée furieuse , dont chaque soldat se faisait gloire de venger l'insulte qui avait été faite à son drapeau par la lâche perfidie de rélecteur. Les Suédois n'avaient pas encore eu le temps d'oublier qu'ils avaient combattu pour défendre les Saxons, et l'expérience prouva de nouveau que de toutes les haines celle qui succède à une ancienne amitié est la plus irréconciliable.

Le général autrichien de Hatzfeld vint enfin se joindre à l'électeur, et les deux armées réunies s'avancèrent jusque sous les murs de Magdebourg, dont Banner, qui les suivait de près, chercha en vain à faire lever le siège. Après ce succès, les Saxons et les Impériaux envahirent la Marche de Brandebourg, enlevèrent aux Suédois plusieurs villes importantes, et se disposaient déjà à les repousser sur les rives de la Baltique, lorsque tout à coup le général Banner, qu'ils croyaient perdu sans ressources, les surprit près de Wittock, le 24 septembre 1636. L'ennemi opposa une résistance terrible, et dirigea toutes ses forces contre Taile droite des Suédois , que Banner commandait en personne. *

La lutte sur ce point fut longue et acharnée; plus de dix fois déjà chaque escadron suédois était revenu à la charge, et Banner se vit forcé enfin à continuer la bataille avec l'aile gauche de son armée jusqu'à rentrée de la nuit. Le corps de réserve, qui n'avait pas encore donné, devait renouveler l'attaque le lendemain' matin;

mais l'électeur n'avait pas envie de Tattendrc. La première journée avait épuisé ses troupes, et les soldats du train, ayant pris la fuite avec les chevaux, Tavaieni mis hors d'état de se servir de son artillerie. Cette circonstance le décida , ainsi que le général de Hatzfeld, à profiter des ténèbres pour opérer leur retraite.

Plus de cinq mille Saxons et Autrichiens étaient tooh bés sur le champ de bataille, sans compter ceux qai furent massacrés pendant la fuite, tant par les SuédcÀ qui les poursuivaient, que par les paysans, dont ils s'étaient fait des ennemis acharnés par leurs excès. Deux mille prisonniers, cent cinquante drapeaux et étendards, vingt-trois canons, toutes les munitions et les bagages de Tarmée , sans en excepter les effets personnels et la vaisselle plate de l'électeur, tombèrent au pouvoir des Suédois. Cette brillante victoire, remportée sur un ennemj très-supérieur en nombre, rétablit tout à coup tt haute renommée des héros du Nord; leurs eimemis tremblèrent, leurs amis reprirent courage, et Btmn^^ profitant de ce brusque changement de fortune, poursuivit les Impériaux à travers la Thuringe et le pays de Hesse jusque dans la Westphalie, puis il revint sur ses pas, et établit ses quartiers d'hiver sur le territoire saxon.

Tout en rendant justice au mérite et à la l'aleur de Banner, nous sommes forcés de convenir qn*il der&it une partie de ces succès éclatants aux heureuses opérations des Français, et surtout à celles du duc Bernari de Weimar sur les bords du Rhin. Immédiatement après la défaite de Nordlingue, l'intrépide Bernard était parvenu à réunir les débris de son armée dans la Wettcrau; mais, délaissé par les Allemands, et même par les Suédois, toute grande entreprise lui était devenue impossible. La paix de Prague venait de lui enlever non-seulement le duché de Franconie, dont il n*avait eocoraj

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