‹ Poésies de SchillerChapitre 248 sur 258 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

pour repasser le Lech, dont il resta dès ce moment le seul maître. La Bavière, désormais ouverte à l'ennemi qui voudrait Tenvahir, se trouva tout à coup Inondée de Français et de Suédois, qui se dédommagèrent des privations de la guerre, par le pillage et par tous les excès que peut se permettre une soldatesque effrénée. Les Impériaux, qui finirent à leur tour par passer le Lech près de Thierhaupten, mirent le comble aux malheurs de ce pays; car dès ce moment il fut ravagé à Tenvi par les amis et les ennemis.

L'instant était venu enfin où Ton devait voir, pour la première fois pendant cette longue guerre, chanceler la constance de Maximilien, qui avait résisté à vingt-huit années de luttes et d'épreuves. Ferdinand II, son camarade au collège d'ingolstadt, l'ami de sa jeunesse, n'était plus; sa mort avait rompu le lien le plus sacré de tous ceux qui attachaient la Bavière â l'Autriche. Uni au père par l'amitié, par l'habitude et la reconnaissance, Maximilieu ne voyait plus dans le fils qu'un monarque étranger à son cœur, et dont, par conséquent, il ne devait partager l«s périls qu'autant que Texigeraient ses propres intérêts.

Ce furent ces intérêts que la politique française fit valoir pour décider l'électeur à déposer les armes et à renoncer à l'alliance autrichienne. Pour obtenir ce résultat, Mazarin avait fait taire ses secrètes jalousies contre les Suédois, et permis à Turenne de les seconder dans leur entreprise contre la Bavière; car il savait au'en faisant de ce pays le théâtre de la guerre, il réduirait l'électeur au désespoir, et priverait l'empereur de son plus puissant et de son dernier allié. En effet, déjà le Brandebourg*, gouverné par un grand homme^ avait adopté le système de neutralité; la Saxe avait été forcée de l'accepter. L'Espagne, harcelée de tous côtéç, 426 pouvait plus faire de sacrifices pour alimenter la guerre

d* Allemagne ; le Danemark s'en était retiré par son traité de paix avec la Suède, et une longue trêve condanuuit la Pologne à l'inaction. Pour réduire Tempereur à m isolement complet au milieu de son vaste empire, etk mettre à la merci de la France, il ne restait donc pic qu'à détacher Maximilien de sa cause, et onnen^ligo rien pour y parvenir.

Ferdinand UI, qui connaissait le danger dont il était menacé, chercha à le détourner. Mais déjà on était |«rvenu à convaincre Maximilien que rEspagneseole s'opposait à la conclusion de la paix générale, en empêcbaot l'empereur d'accepter une trêve pour en* faciliter ^es né' gociations; et Maximilien, ennemi naturel de TËspaps^ qui s'était opposée à ses prétentions sur le PalatiDal^ne se sentait nullement disposé à sacrifier à ce cabioei le bonheur de ses peuples, l'avenir de ses États et sa propre ortune. Se persuadant à lui-même qu'il ne cédailqa'ain IDis impérieuses de la nécessité, il crut s'acquitter <ie tous ses devoirs envers l'empereur, en lui oBrant les moyens de participer aux bienfaits dç la trêve qa'U^^* sur le point de signer.

Les plénipotentiaires chaînés d'en arrêter les clause s'étaient réunis à Ulm, et la conduite des agents de l'Autriche prouva bientôt que Ferdinand III ne cherchait qu'à entraver les délibérations. Le point le plo^ difficile était de décider les Suédois à consentir à m suspension d'armes, car ils n'avaient qu'à gagnff i^ la continuation d'une guerre où ils avaient sans cesse l'avantage. L'empereur, cependant, voulait leur imposa des lois ; prétention qui indigna tellement leurs représentants , qu'ils se disposèrent à quitter brusquem^ le congrès, et que pour les retenir, c^iz de la Fraser furent obligés de recourir même à la menace.

N'ayant pu réussir à faire entrer Ferdinand lli àm^ iîonclusion de la trêve, Maximilien l'abandonna ottve^

Page 1