‹ Poésies de SchillerChapitre 247 sur 258 · UVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

UVRE CINQUIÈME

En 1Ô46, iinmédialement après le départ de Torstensohn, Gustave Wrangel avait été chargé du commandemenl en chef de l'armée suédoise en Allemagne, qui, sans compter le corps mobile du général Kœnigsmark et les garnisons des villes conquises sur toute l'étendue de l'Empire , se composait de huit mille cavaliers et de quinze mille hommes d'infanterie. L'armée que l'archiduc Léopold venait de faire entrer en Bavière se montait à plus de vingt-quatre mille hommes. Après l'avoir augmentée par douze régiments de cavalerie et dix-huit régiments d'infanterie bavaroise, ce prince se disposa à attaquer les Suédois avant que Kœnigsmark ou les Français pussenU venir à leur secours.

L'intrépide Wrangel , au lieu d'éviter ou d'attendre cet ennemi si supérieur en nombre, marcha à sa rencontre à travers la haute Saxe, Su il s'empara de Hœxter et de Paderbom ; puis il entra dans le pays de Hesse, dans l'espoir de se joindre à Turenne, et établit son camp à Wetzlar, où Kœnigsmark vint se joindre à lui avec son corps d'armée. Mais le vaillant Turenne, enchaîné par les ordres de Mazarin, qui voulait arrêter la fortune renaissante des Suédois, fut forcé de rester înactif, sous prétexte que la sûreté des frontières françaises du côté des Pays-Bas ne lui permettait pas de quitter son poste. Les instances réitérées du gouvernement suédois, et la crainte de le pousser» par de plus longues hésitations, à conclure une paix particulière avec l'Autriche, décidèrent enfin le cardinal à donner à Turenne la permission d'agir.

La jonction de Wrangel et de l'armée française s*effectua près de Giesseu, malgré les efforts des Impériaux, qui avaient poursuivi les Suédois jusque dans la Hesse, espérant ainsi leur couper les vivres et les séparer des Français; mais eux-mêmes ne tardèrent pas à éprouver les effets du fléau qu*ils avaient voulu attirer sur leur»

adversaires; et la perte de leurs magasins les réduisit 1 toutes les horreurs de la famine, la plus terrible ennemie des armées de cette époque.

Cette cruelle situation autorisa Wrangel à tenter mie entreprise qui devait changer tout à coup la face des aiïaires. Tous ses prédécesseurs avaient cherché à porter la guerre au sein même des États héréditaires de I'âdtriohe : lui aussi tendait vers ce but; mais comme aucun des moyens employés jusqu'ici n'avait obtenu m succès complet, il se proposa de suivre un autre plan d'opérations. Ce plan, au reste, avait été celui de Goâ^ tave-Adolphe, qui n'en fut détourné que par les dangers de la Saxe, cette alliée ingrate qui paya toujours si mai les grands et nombreux sacrifices que la Suède iTait faits pour la sauver.

Déjà le duc Bernard de Weimar, plus heureux sous ce rapport que le grand roi, avait voulu pénétrer en Autriche en suivant le cours du Danube; mais, bien qu'il fût parvenu à étendre ses conquêtes jusque sur les bords de rinn, il avait été forcé de revenir ^ur ses pas. Ce que deux grands capitaines avaient vainement tenté avant lui, Wrangel crut pouvoir le faire. La situation de Fenncmi, qui ne pouvait venir au secours de la Bavière qu*après avoir traversé la Franconie, semblait justiGer cette orgueilleuse prétention. I^s débuts de cette grande entreprise furent plus heureux que jamais.

Après avoir défait un corps bavarois près de Dooawerth, Wrangel passa le Danube et le Lech sans aucone difficulté; mais, au lieu de continuer à s'avancer, 3 assiégea Augsbourg, et donna ainsi à l'empereur le temps non-seulement de venir au secours de cette ville , mais encore de réivnv des forces considérables qui le repoussèrent jusqu'au delà de Lauengen. Pour achever d'é* loigner la guerre de la Bavière, les Impériaux se tournèi'cnt vers la Souabe, et Wrangel profita de cette Taule

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