LIVRE CIKQUIÈMB
tenlemeut. Le vaillant Jean de Werth lui^-mème nonseulement les approuva, mais il forma une conspiration dont le but était de faire passer Tarmée bavaroise fou( entière au service de rAutriche. Ferdinand IIl ne rougit point de protéger ouvertement cette trahison envers le meilleur ami , le plus fidèle allié de son père ; il iK)ussa mènrie l'impudence jusqu'à publier un édit par lequel il appelait à lui l'armée bavaroise, en soutenant qu'elle appartenait à TEmpire, et que Maximilien n'avait jamais été le chef de cette armée que sous les ordres et au nom de Tempereur.
L'électeur découvrit ces machinations assez à temps pour les faire échouer. Le juge le plus sévère n'aurait pu le blâmer s'il en avait tiré vengeance ; mais ce prince était trop bon politique pour se laisser guider par une passion quelconque. La trêve ne lui avait pas procuré les avantages dont il s'était flatté, et loin de faciliter les négociations dont on s'occupait toujours à Munster et à Osnabruck, elle les avait rendues plus difOciles, en augmentant les exigences des parties contractantes, que,^ pour l'instant du moins, cette trôve débarrassait du far* deau de la guerre:*
L'électeur de Bavière avait délivré ses États des Suédois et des Français; mais en renonçant au. droit de faire camper ses troupes en Souabe, il s*était mis dans la nécessité de les nourrir chez lui , ou de les congédier. Le premier parti était au-dessus de ses forces ; le second l'aurait réduit à rester seul, sans moyens de dé* fense, quand le droit du plus fort réglait les intérêts de tous. Dans cette alternative , il prit la résolution de rompre la ti*êve et de recourir aux armes; le prompt secours qu'à la suite de cette résolution il envoya aux Impériaux de la Bohême , força le général Wrangelà évacuer ce royaume et à se replier pour rejoindre Tarmée de Turenne. A cet effet , il traversa la Tburinge^
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la Westphalie et le Lunebourg; les Impériaux, commandés par les généraux Mélander et Grœnsfeld, le suîvîrent de si près, qu'ils avaient pu le rejoindre avant sa jonction avec Turenne; aussi la perte des Suédob paraissait-elle certaine. Ils furent sauvés cependant par les mêmes causes qui, quelques mois plus tôt, avaient empêché la ruine de Tempereur.
Au milieu de la fureur des combats , la froide politique des cabinets dirigeait les affaires, et leur vigUaDce semblait s'augmenter à mesure que la conclusion de h paix s'approchait. Il n'entrait pas dans les. projets de Maximilien de laisser tout à coup pencher la balance de la fortune en faveur de l'empereur, et de l'autoriser ainsi à augmenter ses prétentions. La France s^étaif ôhargée de modérer celles de la Suède, en proportionnant perfidement l'appui qu'elle lui prêtait d'après les succès de ses armes, c'est-à-dire en Fabandoniiant quand elle devenait trop forte, et en la soutenant quand elle était prête à tomber.
L'électeur de Bavière remplissait en i^cret la même tâche auprès de l'etppereur; aussi ordonna-t-il à son général de cesser de poursuivre Wrangel au delà do Weser. Mélander, trop faible pour continuer seul cette poursuite, se tourna vers léna et Erfurt, d'où il envahit le pays de Hesse, dont il avait été autrefois le . défenseur. S'il est vrai qu'il fut poussé à cette expédition par le désir de punir la princesse AméHe, sa souveraine légitime , des torts dont il l'accusait à soo égard , il eut bientôt lieu de se repentir d'avoir écoulé les inspirations de la vengeance aux dépens des coDseib de la raison et de l'humanité. Les excès et les cruauté de ses troupes , qu'il autorisai^ par son exemple, épuisèrent tellement la malheureuse Aesse , qu'il s'y vil bientôt assailli par la famine et les maladies épidèraiques, tandis que les Suédois stationnés dans le Lunebouin