‹ Poésies de SchillerChapitre 251 sur 258 · LIVRE CmQUlÈ&lE · texte numérisé non relu

LIVRE CmQUlÈ&lE

avaient des vivres en abondance , et pouvaient compléter leurs régiments et remonter leur cavalerie. - Au milieu de Fbiver de 1648, Wrangel se trouva ea état de reprendre la campagne. Son premier sein fut de délivrer la Hesse; il attaqua Mélander, qui, à la première rencontre, éprouva une défaite si complète, qu'il fut obligé de s'enfuir jusque sur les>^ords du Danube. Cependant la France venait de tromper de nouveau l'attente des Suédois, en retenant sur les bords du Rhin l'armée de Turenne. Wrangel s'en vengea en décidant , toute la cavalerie de l'ancienne armée du duc Bernard à passer sous son drapeau . Cette démarche hardie choqua la susceptibilité du cabinet' français, et le rendit peu disposé à permettre la jonction de ses troupes à celles des Suédois. Elle s'opéra cependant, et les deux armées, eommandées par Wrangel et Turenne, eurent la gloire d'ouvrir la dernière campagne de cette longue guerre. Après quelques expéditions peu importantes, ils ravi-,

' taillèrent Éger, qu'assiégeaient les Impériaux, passèrent le Danube, et défirent près de Zusmarshausen les troupes impériales et bavaroises qui voulaient s'opposer à leur passage. Mélander reçut dans cette bataille une blessure mortelle, et le général bavarois Grœsfeld passa le Lech avec le reste de l'armée, afin d'empêcher l'ennemi de pénétrer en Bavière; mais il ne fut pas plus heureux que ne l'avait été autrefois le vieu^ Tilly, qui perdit la vie à cette même place sans avoir pu sauver son pays du danger dont il était menacé.

Wrangel et Turenne choisirent la position immorta- | Usée par le triomphe de Gustave-Adolphe ; leur victoire

- fut presque aussi complète, et ils firent chèrement expier à la Bavière la trahison dont Maximilien s'était rendu coupable envers eux en rompant brusquement la trêve. Pendant qu'ils passaient l'Iser et s'avançaient jusque sur les bords de rinn,rélecteur s'enfuit au fond du Tyrol»

OÙ il se tint soigneusement caché. Une pluie balUnte, qui avait tout à coup changé l'Inn en torrent impétueux, garantit de nouveau les États autrichiens de rinvasion des Français et des Suédois. Dix fois ils jetèrent un poni de bateaux sur cette rivière, et dix fois il fut entraîné par les flots.

Jamais encore le parti catholique n'avait été frappé d'une terreur aussi panique, car il ne lui restait plus un seul général capable de lutter avec quelques chances de succès contre des capitaines tels que Kœnigsmark, * Wrangel et le grand Turenne. Dans cette cruelle extrémité, le vaillant Piccolomini quitta les Pays-Bas pow venir se placer à la tète des derniers débris de Tannée impériale; mais déjà le manque de vivres avait forcé les Français et les Suédois à évacuer la Bavière, et à se retirer dans le haut Palatinat, où ils ne tardèrent pas à .recevoir la nouvelle de la paix. Kœnigsmark cependant avait conduit son corps mobile en Bohême, et le capitaine Ernest Odowalksky, qui, après avoir été mutilé au service de l'Autriche, en avait été renvoyé sans aucune récompense, lui fournit le moyen de prendre Prague par le côté appelé Ville-Neuve.

Cette expédition, qui ne coûta aux Suédois qu'un seol homme, valut à Kœnigsmark l'honneur d^avoir terminé la guerre de Trente ans par une dernière action d'éclat, qui contribua à mettre un terme aux irrésolutions de Ferdinand 111.

La partie de Prague, dite Vieille-Ville, séparée de la Ville-Neuve par la Moldau, fatigua par sa vive résistance le comte palatin Charles-Gustave^, qui yenail d'arriver de la Suède avec des troupes nouvelles. En vain ce jeune prince réunit-il sous les murs de Prague

* Ce fat en favear de ce prince que la reine Christine, 8& eonsîae, ûi l'abdication volonuire de ses États , le 16 juin 1654. En monual sar le trône il prit le nom de Charles-Gustave X. (A\>ie

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