‹ Poésies de SchillerChapitre 36 sur 258 · LA FLOTTE INVINCIBLE · texte numérisé non relu

LA FLOTTE INVINCIBLE

toyens des princes. Quant à la puissance de tes voiles, tu Tas conquise par des millions de mains arides dans les lattes navales. À qui la dois-tu?... rougissez, penples de la terre.... à qui, si ce n'esta ton intelligence et à ton épée? Malheureuse, regarde ces bouches d'airain enflammées, regarde et songe à ta chute. Le monde te contemple avec inquiétude, le cœur des hommes libres palpite, et toutes les nobles âmes prennent part au danger qui te menace.

Le Dieu tout-puissant voit flotter le pavillon de tes ennemis : il voit s'ouvrir ta tombe, a Faut-il donc, dit-il, que mon Albion périsse, que la race de mes héros s'éteigne et que la dernière digue de l'oppression et de la tyrannie soit anéantie sur la terre? Non, jamais le paradis de la liberté, bouclier puissant de la dignité de Tbomme, ne disparaîtra. » Le Dien tont-pnissant souffle sur la flotte invincible, et elle s'enfuit dispersée de tous côtés.

Li MORT DU NATCHEZ

Voyez, il est là sur sa natte, assis, tel qu*il était lorsqu'il vivait encore.

Mais où est la force de ses bras? où est le souffle qui envoyait encore naguère vers le grand Esprit la fumée du tabac ?

Où sont ces yeux de faucon qui suivaient les traces du renne, qui reconnaissaient les ondulations du gazon dans la rosée des champs ?

Où sont ces pieds qui couraient sur la neige aussi, rapides que le cerf et le chamois de la montagne?

Où sont ces bras qui tendaient la forte corde de l'arc? Voyez, la vie Ta quitté. Ses membres sont inertes.

Il est heureux, il est allé dans la contrée où il n*y a pas de neige, où If s vallées sont couvertes de maïs qui grandit de lui-même ;

Où tous les arbres sont couverts d'oiseaux, toutes

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