GROUPE DU TARTARE
Écoatez : comme le murmure d*une mer courroucée, comme le gémissement d*une onde qui tombe des rocs caverneux, écoutez résonner une plainte lourde, profonde, comprimée.
La douleur ronge leur visage. Le désespoir ouvre leurs lèvres à la malédiction. Leurs yeux sont creux, leurs regards cherchent avec anxiété le pont du Gocyte, dont les flots surchargés de larmes poursuivent leur triste cours.
A voix basse, ils se demandent avec angoisse Vils ne touchent pas encore au terme de leurs souffrances. L'éternité ferme son cercle sur leur tête, et brise la faux de Saturne.
L^LTSÉE
Loin d'ici les plaintes douloureuses, toutes les plaintes expirent dans les joies de TÉlysée. Vie de
L*éLTSÉB. 1 S9
l'ÉIysée, ëlernel essor, éternelles délices ! ruisseaa bannonieax dans des campagnes fleuries.
Un printemps perpétuel égayé sans cesse ces champs paisibles. Les heures s'écoulent dans des rives d'or. L'âme plane dans les espaces infinis, la Térité déchire son yoile»
Une joie inaltérable remplit le cœur entier. Ici on ignore le nom de la souffrance ! ce qu'on appelle douleur est un doux transport.
Ici, le pèlerin, quittant à tout jamais son fardeau, repose ses membres fatigués à l'ombre des arbres où le yent mélodieux soupire* Ici, le laboureur laisse tomber sa faucille, et, assoupi par les accords des harpes, il rêve qu'il voit des épis coupés»
Celui dont les drapeaux flottaient comme un orage, celui dont les oreilles n'entendaient que le bruit des combats, celui qui dans sa marche audacieuse faisait trembler les montagnes, dort ici près d'un ruisseau limpide qui coule avec un doux murmure, et n'entend plus le cliquetis de l'épée.
Ici, les époux fidèles s'embrassent sur une herbe fraîche, où passe un vent embaumé. Ici, l'amour reçoit sa couronne. À l'abri désormais des coups de la mort, il célèbre son étemelle fête nuptiale.