LB CHAKT DE LA CLOCHE
sont chères : 6 bonheur ! il ne lui en manque pas une.
La terre a reçu le métal, le moule est heureusement rempli ; la cloche en sortira-t-elle assez parfaite pour récompenser notre art et notre labeur ? Si la fonte Vavait pas réussi ! si le moule s^était brisé ! Hélas! pendant que nous espérons, peut-être le mal est-il déjà fait.
Nous confions rœuvre de nos mains aux entrailles du sol. Le laboureur leur confie ses semences, espérant qu^elles germeront pour son bien, selon les desseins du ciel. Nous ensevelissons dans le sein de la terre des semences encore plus précieuses, espérant qu^ellesse lèveront du cercueil pour une meilleure vie.
Dans la tour de Téglise retentissent les sons dé la cloche, les sons lugubres qui accomjpagnent le chant du tombeau, qui annoncent le passage du voyageur que Ton conduite son dernier asile. Hélas ! c^est une épouse chérie, c'est une mère fidèle que le démon des ténèbres arrache aux bras de son époux, aux tendres mlants qu^elle mit au monde avec bonheur, qu'elle nourrit sur son sein avec amour. Hélas ! les doux liens sont à jamais brisés, car elle habite désormais la terre des ombres, celle qui fut la mère de famille. C*en est fait de sa direction assidue, de sa vigilante sollicitude, et désormais Tétrangère -régnera sans ajDour à son foyer désert.
Pendant que la cloche se refroidit, reposons-nous de notre rude travail ; que chacun de nous s'égaye comme Toiseau sous lafeuillée. Quand la lumière des étoiles brille, le jeune ouvrier, libre de tout souci, entend sonner Theure de la joie. Mais le maître n*a pas de repos.
A travers la forêt sauvage, le voyageur pressa gaiement le pas pour arfi ver à sa chère demeure. Les brebis bêlantes, les bœufs au large front, les génisses au poil luisant se dirigent en mugissant vers leur étable. Le chariot chargé de blé s'avance en vacillant. Sur les gerbes brille la guirlande de diverses couleurs, et les jeunes gens de la moisson courent à la danse. Le silence règne sur la place et dans les rues, les ba^ bitants de la maison se rassemblent autour de la lumière, et la porte de la ville roule sur ses gonds. La terre est couverte d*un voile sombre ; mais la nuit, qui tient éveillé le méchant, n'effraye pas le paisible bourgeois ; car Tœil de la justice est ouvert.
Ordre saint, enfant béni du ciel, c'est toi qui formes de douces et libres unions ; c'est toi qui as jeté les fondements des villes ; c'est toi qui as fait sortir le sauvage farouche de ses forêts; c'est toi qui, pénétrant dans la demeure des hommes, leur donnes des mœurs paisibles et le lien le plus précieux, Tamonr de la patrie.
Mille mains actives travaillent et se soutieitneat