LE SECRET DV SOUVENIR
connais atec surprise, nous étions nn Dieu, une vie créatrice, et le monde nous était donné pour le gou- Terner librement.
Autour de nous des sources de neetar versaient sans cesse la volupté, nous pouvions rompre le sceau des choses, et nos ailes planer dans les rayons lumineux de la yérité.
Pleure, Laura, ce Dieu n'est plus : nous ne sommes tpB des débris de ce Dieu, et nous éprouvons Tinsatiable désir de retrouver la nature que noos avons perdue, de reprendre notre divinité.
De là vient, Laura, ce besoin ardent de rester suspendu à tes lèvres, ce désir aVdent, cette volupté que f éprouve à respirer ton souffle, à m'identifier avec (oi quand nos regards se rencontrent.
De là vient que, lorsque je te regarde, mon esprit s*enfuitan-delà des limites de la vie, docile comme un esclave qui se soumet sans résistance à son vainqueur.
Mon esprit m'échappe, pour chercher sa patrie, affranchi des liens corporels, et il reconnaît et emi)rasse la sœur dont il était depuis longtemps séparé.
. Et toi, quand mon œil t'observait, que signifiait ia l'ougeur de pourpre de tes joues? Ne nous sommesnous pas rapprochés avec ardeur, comme* si nous étions delà même famille, et avec joie, comme des exilés qui retrouvent leur patrie ?
LA FAVEUR Dïï MOMENT
Nous nous retronyons encore dans notre vive et joyeoBe réunion ; nous allons encore former les fraîches et les vertes guirlandes de poésie* Hais à quel Dieu offrirons-nous d*abord le premier tribut de nos chants? Chantons a^ant tout celui qui crée la joie.
Car, que nous importe que Cérès pare Tautel de fruits vivifiants, et que Bacchus exprime dans nos coupes le suc empourpré de la vigne ?
Si Fétincelle qui enflamme le foyer ne descend pas du ciel, si Tesprit n'éprouve pas une ardente ivresse, le cœur n*est pas réjoui.
G*est du milieu des nuages, c'est du sein des Dieux que le bonheur doit venir, et le plus puissant de ^ tous, c'est le Dieu du moment.
Entre tous les éléments primitifs de l'immense nature, ce qu'il y a de divin sur la terre, c'est la pensée de lumière.
Lentement, dans le cours des heures, la pierre
LA FAVEUR DU MOMENT. ifô
s*Qnit à la pierre; mais Tidée entière deTœuyre doit être conçue rapidement comme rœuvre de Tesprit*
De même qa*une riante verdare éclôt par un beau rayon de soleil ; de même qulris jette à travers le ciel son pont diapré ;
De même chaque doux présent est fugitif comme Tapparition de Téclair. La nuit Tenseyelit dans son obscur tombeau.