‹ Poésies de SchillerChapitre 83 sur 258 · L'ATTENTE · texte numérisé non relu

L'ATTENTE

N*ai-je pas entendu la petite porte s'ouvrir, n*ai-J6 pas entendu le verrou résonner ? Non, c*est le souffle du vent qui murmure à travers ces peupliers.

Oh ! pare-toi, vert feuillage, tu vas recevoir la grâce et la beauté. Rameaux de ces arbres, formez une retraite ombreuse pour la protéger dans le silence mystérieux de la nuit. Légers zéphyrs! éveillez-vous, caressez ses joues de roses, quand d*un pied léger elle s^avancera vers les lieux où Tamour Tattend.

Silence ! quel bruit fugitif ai-je entendu dans les broussailles ? Ah ! c'est un oiseau effrayé qui s'est enfui de ces arbustes.

Jour, éteins ton flambeau ; nuit heureuse, reviens avec ton doux mystère, étends ton voile sur ces champs empourprés, sur ces paisibles réseaux de feuillage. L'amour, dans son bonheur, évite les

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oreilles curieuses, il fuit la lumière importune, la discrète étoile du soir peut seule être sa confidente.

ITai-je pas entendu là-bas un léger bruit pareil au murmure d*une voix ? Non, c*est le cygne qui se promène en cercle sur Teau limpide.

Une douce harmonie résonne dans Tair, Teau de la source jaillit avec un agréable murmure, la fleur sMncline sous les baisers de la brise, je vois tous les êtres de la nature ivres de volupté. La grappe de raisin se penche vers la pèche qui apparaît pleine et savoureuse derrière les feuilles, Tair imprégné de parfums aspire la chaleur de mes joues brûlantes.

N*ai-je point entendu des pas derrière le bosquet? Non, c'est un fruit qui est tombé par sa propre pesanteur.

Les rayons du jour expirent doucement; ses couleurs pâlissent ; déjà, au frais crépuscule s'épanouissent les fleurs qui redoutent l'ardeur du soleil. La lumière argentée de la lune apparaît ; tous les objets confondus se montrent par grandes masses paisibles, toutes les ceintures sont dénouées, toutes les beautés de la nature s'offrent nues à mon regard.

N'ai-je pas vu briller là-bas une robe blanche, un vêtement de soie ? Non, ce sont les colonnes dont la blancheur se détache sur la muraille sombre.

0 mon cœur impatient I ne ^abandonne pas ainsi

au vain jeu de quelques doaces images ! Les bras qui tendent à enlacer celle que j'aime restent vides, une ombre illusoire ne peut satisfaire mon cœur. Oh ! amenez-moi ma bien-aimée, laissez-moi sentir sa douce main, entrevoir le bord de son manteau, et des rêves trompeurs j'entrerai dans la vie.

L'heure de la félicité arrive doucement comme si elle descendait des hauteurs du ciel. Ma bien-aimée s'est approchée sans être vue et a réveillé son ami par ses baisers.

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