‹ Poésies de SchillerChapitre 82 sur 258 · LE SECRET · texte numérisé non relu

LE SECRET

Elle ne pouvait me dire aucan mot, trop de témoins étaient là à nous observer ; je n'ai pu qa^interroger timidement son regard, et j'ai bien compris ce qu'il exprimait. Je viens sous votre ombre paisible, beaux arbres de la forêt I cacher dans vos frais asiles, cacher aux regards du monde ceux qui s'aiment.

De loin j'entends les rumeurs confuses des travaux du jour, je reconnais le murmure de différentes voix et le bruit du lourd marteau. C'est ainsi que l'bomme accomplit avec peine sa rude destinée. Mais le bonheur tombe légèrement du sein des Dieux.

Oh ! les hommes ne savent pas quelle félicité nous donne un amour fidèle ; ils ne savent que troubler la joie, car la joie même ne leur cause aucun ravissement. Dans ce monde, le bonheur n'est pas permis, il faut le poursuivre comme une proie, le saisir à la dérobée avant que le destin contraire nous surprenne.

Il arrive secrètement d'un pied léger, il aime la nuit et le silence, il fuit en toute hâte les lieux où

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veille un regard perfide. Onde charmante, forme une ceinture autour de nous, et que tes yagues courroucées défendent rentrée de ce sanctuaire.

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