‹ Poésies de SchillerChapitre 87 sur 258 · LE COMMENCEMENT DU XIX" SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE COMMENCEMENT DU XIX" SIÈCLE

Mon noble ami, où y a-t-il un refuge pour la paix, un asile pour la liberté? tJn siècle finit dans la tempête, le nouveau siècle s'ouvre par le meurtre. Les liens des peuples sont rompus, les vieilles coutumes sont renversées^ et la mer, et le dieu du Nil, et le vieux Rhin n arrêtent pas le tumulte de la guerre.

Deux nations puissantes se disputent la possession du monde ; pour écraser la liberté des autres pays, elles balancent le trident et la foudre. Chaque contrée doit pour elles peser de Tor, et, comme Brennus dans les temps anciens, le Franc met son épée de fer dans la balance de la justice.

Le Breton avide étend de côté et d'autre ses flottes marchandes; il voudrait fermer comme sa propre maison Tempire de la libre Àmphitrite. Jusqu'aux astres ignorés du pôle sud il poursuit sa course infa-

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tigable; il explore toutes les lies, toosles rivages; les régions célestes lai restent seules fermées.

Hélas ! tu chercherais en vain sur la carte une lerre heureuse, où Ton pourrait voir encore l'éternelle fraîcheur de la liberté et la riante jeunesse de rhomme.

Le monde s'étend à tes yeux dans son espace infini; les navigateurs le mesurent à peine; mais dans cette immense étendue^ il n'y a pas de place pour dix heureux.

C'est dans le sanctuaire du cœur qu'il faut chercher un refuge contre le tumulte de la vie. La liberté n'existe que dans le royaume des eonges, et le beau ne se manifeste que dans l'œuvre des poètes.

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