POÈTES BUCOLIQUES
On ne connaît point rinventeur tle la poésie pastorale : sans doute elle naquit avec la poe'sie yrique , dès l'origine du monde. Les premiers humains, environnes des bienfaits de leur créateur, durent élever de bonne heure vers les cieux une voix reconnaissante , et dans leurs hymnes pleins d'idées champêtres , ce'le'brer le magnifique spectacle de la nature , et le bonheur d'une vie passée dans l'innocence et la paix.
Si nous nous proposions de développer ici cette vérité , nous pourrions compiler de savantes dissertations , accumuler des conjectures , presser les conséquences de certains faits connus , tels que les mœurs et les occupations des anciens peuples, l'estime que l'on fit long-temps de la vie pastorale, etc. ; mais, sans nous précipiter dans des recherches difficiles et fastidieuses, pour arriver à un résultat complètement inutile , nous
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nous contenterons d'observer que nous n'avons point d'ouvrages purement bucoliques , antérieurs à ceux de The'ocrite , quoiqu'il ait eu des devanciers , et que l'on trouve dans les ouvrages de la plus liaute antiquité', dans la Bible , dans les poèmes d'Homère et d'Hësiode , beaucoup de scènes pastorales : c'est donc par Tliéocrite que nous commencerons cet essai.
Dans tous les genres de litte'rature , les Grecs ont eu sur les autres peuples , et principalement sur les modernes , plusieurs avantages qui expliquent leur supe'riorite. D'abord ils sont venus les premiers, ce qui les a mis dans l'heureuse ue'cessite' de prendre constamment la nature pour guide ; les modernes , au contraire , voyant la carrière ouverte , ont borne leur gloire à suivre les pas de ceux qui l'avaient parcourue avec succès. De ce premier avantage de'coula pour les Grecs celui de re'unir dans leurs ouvrages la vente' et la simplicité à un certain air d'originalité , au lieu que les modernes , forcés de répéter des choses déjà connues , durent renoncer à paraître neufs , ou bien acheter , par des idées fausses et des tournures bizarres , l'originalité , aux dépens de la justesse et du naturel. Enfin, la prééminence des Grecs peut venir encore de ce que chez eux la médiocrité se trouvait étouf-
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fee , tandis que chez les modernes tout la favorise. Lorsque la science e'tait peu répandue , que l'on se procurait diflicilement des manuscrits , qu'il n'existait qu'un petit nombre d'e'coles , et que chacun , re'duit , pour ainsi dire , à ses propres forces , consacrait la plus belle portion de sa vie à des e'tudes pénibles , avant d'en produire les fruits , il n'y avait que le senliment intime d'un talent supe'rieur qui pût aplanir tant d'obstacles ; et plus il fallait de zèle , de constance , d'obstination même pour les vaincre , plus il e'tait certain que le génie seul oserait les affronter. Mais , depuis la de'couverte de l'imprimerie , les circonstances ont bien change'; les copies des bons ouvrages se sont multiplie'es ; les connaissances jadis renferme'es dans la mémoire de certains hommes , et confinées dans les lieux qu'ils habitaient, se sont transmises et communiquées avec rapidité ; partout on a rencontré d'habiles maîtres ; partout de riches bibliothèques ont été fondées : qu'est-il arrivé au milieu de tant de secours ? Les esprits sont devenus plus superficiels; on a abusé de la facilité d'apprendre , pour effleurer au lieu d'approfondir ; les études ont produit moins de succès , parce qu'elles avaient coûté moins de fatigues ; enfin , l'on s'est plus facilement aveuglé sur son impuissance, et les pré-
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rogatives du génie ont été usurpées par une orgueilleuse me'diocrite'.
Ces réflexions générales sur la littérature grec- <^ue , s'appliquent en particulier à la poésie bucolique , et font comprendre en quoi Théocrite l'emporte sur ses imitateurs. Le naturel et la simplicité , voilà ce qui le distingue. Ce sont de véritables bergers qu'il a mis en scène : il ne les a peints ni d'après son imagination , ni d'après des modèles défectueux ; mais tels qu'il l-'s voyait dans la Sicile sa patrie , occupés à s'entretenir de leurs travaux et de leurs douces passions, à se plaindre des rigueurs de leurs bergères, ou à disputer le prix du chant, tandis que leurs troupeaux errent dans de gras pâturages. On peut le regarder comme l'inventeur de toutes ces petites scènes dont le fond , quoique léger et un peu monotone , a été reproduit depuis par tous les poètes bucoliques , épris des charmans détails dont il les a remplies. Il y a tant de simplicité dans les manières de ses bergers , tant de candeur dans leurs discours , une éloquence si affectueuse et si vive dans la peinture de leurs sentimens ; enfin , le poète a établi un rapport si juste entre leur état et les idées qu'ils expriment , que l'on s'imagine être témoin d'une scène , et non pas écouter un sim-
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pie récit. Qu'on lise les plaintes du clievrier , dans la IIP. idylle , et Ton verra si la passion inspira jamais un langage plus de'licat , plus pene'trant , et surtout plus naturel , que ce mélange touchant de reproches et de prières adresse' à une maîtresse volage , ces naïfs te'moignages d'amour par lesquels le Lerger essaie de l'attendrir, ce morne désespoir qu'il fait éclater quand il perd l'espérance de la rendre sensible à sa douleur :
■ Charmante Amarillis, pourquoi, assise près de cette grotte, « ne m'appelles-tu plus ton doux ami? Est-ce que jeté suis odieux? € Mes traits te semblent-ils difformes ? Tu seras cause que je me « donnerai la mort. Voici dix pommes que je t'apporte ; je les ai B cueillies dans le lieu que tes ordres m'avaient indiqué : demain « je t'en apporterai d'autres. Mais contemple ma douleur. Que ne « suis-je l'abeille qui bourdonne ! je pénétrerais dans ta grotte, au B travers du lierre et de la fougère dont elle est tapissée ! Main- « tenant je connais l'Amour : c'est un Dieu cruel; il a sucé le lait 0 d'une lionne , et sa mère l'a élevé dans les forêts. Il me consume,
a il pénètre jusqu'à mes os Hélas ! que faire ? Infortuné ! tu
o ne m'écoutes pas. Je vais me dépouiller de cette peau qui me < couvre , et me précipiter dans les flots , à l'endroit où le pécheur « Olpis tâche de surprendre les thons: si je n'y trouve pas la mort, « du moins ce sera un spectacle agréable à tes yeux. »
Ce morceau est un véritable chef-d'œuvre ; il a été imité par une foule de beaux génies , depuis Virgile jusqu'à Racine , qui a pu y trouver la marche justement admirée de la fameuse réponse
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(FHermioiie à Pjrrhus; mais Thëocrite a-t-il été surpasse ?
Ce grand poète n'excèle pas seulement par la peinture des mœurs et des passions et par le naturel et la grâce des pensées , il est encore inimitable par la vivacité de ses images , la richesse de ses descriptions et l'harmonieuse douceur de son style. Le seul reproche qu'on puisse lui faire , c'est de ne pas éviter avec assez de soin les détails ignobles , de s'abaisser même jusqu'à un langage grossier et indécent , et d'offrir à l'imagination du lecteur certains tableaux qui ne peuvent exciter qu'un profond dégoût ; mais si Théocrite copia quelquefois trop fidèlement la nature , il mit le plus souvent dans ses imitations autant de délicatesse que de naïveté, et malgré le défaut inexcusable qui déshonore plusieurs de ses petits poèmes , il a occupé jusqu'ici dans le genre pastoral un rang qu'on a pu lui contester, mais non pas lui ravir (i).
(i) Nous avons jugé Théocrite uniquement comme poëte bucolique. Il a composé un grand nombre de pièces qui n'ont rien de pastoral, telles que le combat de PoUux etd'Amycus, rEnchanteresse , l'épithalame d'Hélène , etc. , etc. Cependant il les a appelées Idylles , parce que ce mot , de même que celui d'éclogue dont se servaient les Latins , s'appliquait à toutes les pièces de peu d'étendue. En ce sens , tous les ouvrages de Théocrite «t ceux de Moschus et de Bion qui vivaient dans le
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Dans la poésie Bucolique , ainsi que dans la plupart des autres genres de litte'rature, les Latins marchèrent scrupuleusement sur les traces des Grecs. Cependant le goût s'e'tant mi peu raffine' à Pe'poque cilles premiers commencèrent à cultiver les lettres, ils corrigèrent quelques de'fauts qu'ils reconnurent dans leurs modèles : heureux si , e'gare's par un excès de délicatesse, ils n'eussent dans plus d'une occasion pousse' trop loin la re'forme et sacrifié à de timides considérations les heureuses hardiesses du ge'nie ou le langage naïf et vrai de la nature. Voilà la seule différence générale que l'on remarque entre les Grecs et les Latins , entre Théocrite et Virgile. On en trouverait une plus grande , si l'on considérait les poètes qui parurent dans la décadence de l'empire : le mauvais goût avait tout envahi ; la poésie Bucolique était devenue lourde et apprêtée ; mais cette époque dégénérée n'ayant produit que des noms sans gloire , on ne doit pas s'attacher à leurs ouvrages , quand il s'agit de fixer le caractère de la pastorale chez les Latins.
même temps que lui , sont en effet des Idylles. Mais si nous restreignons la signification de ce mot , pour ne l'appliquer qu'à la pastorale , il ne convient ni à la plupart des poëmes de Tliéocrite , ni à ceux de Mosclms et de Bion : nous ne devons donc point en parler , puisque nous ne nous occupons ici que des poêles Bucoliques,
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Les bergers de Virgile ont moins de rusticité que ceux de The'ocrite ; sa marche est plus régulière ; il e'vite avec plus d'habileté' les détails oiseux , et surtout il se garde bien de souiller ses petits chefs-d'œuvre par les images inde'centes et les expressions grossières que nous avons reprochées à son rival ; mais il avait un excellent modèle dont il n'a fait que polir les inventions ; ses principales beaute's sont des beaute's emprunte'es ; et si l'on trouve en ge'nëral dans ses compositions plus d'art que dans celles du poète Grec, on est force' de reconnaître que ce dernier a suivi plus fidèlement et repre'senté plus vivement la nature. Nous sommes loin d'entendre par-là que Virgile manque de naturel : ce serait me'connaître une des qualite's les plus e'minentes de ce grand e'crivain ; mais il ajoute quelquefois à sa pensée un ornement le'ger qui la rend plus inge'nieuse , et qui laisse entrevoir le poète derrière le personnage , tandis que The'ocrite n'he'site point à sacrifier un développement gracieux , plutôt que de se mettre en scène, et d'aller peut-être au-delà de ce que la nature eût inspiré. Par exemple , le poète de Syracuse , voulant peindre les agaceries d'une jeune bergère , fait dire à Comatas : « Cléariste me lance des pommes lorsque je « passe avec mon troupeau, et sa bouche murmure
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« quelques douceurs. » Voilà un petit tableau gracieux et parûiitement naturel ; aussi Virgile n'a eu garde de l'oublier dans ses Bucoliques :
« La folâtre Galatée, dit un berger, me lance une pomme, et « court st; cacher derrière des saules ; mais elle désire que je « l'aperçoive auparavant. »
Malo me Calatea petit, lasciva puella.
Et lugit ad salices, et se cupit antè vidcri. Ec. 3., i', 64 et 65.
Il y a dans l'imitation plus d'esprit , plus de finesse que dans le modèle , et sans doute Horace avait en vue de pareils traits , quand il disait que les Muses champêtres ont accorde' à Virgile une douceur piquante^
Molle atque facetum Virgilio annuerunt gaudentes rurc, Camœnae. Sat. 10. , V. 44 et 45.
Mais cette reflexion que la bergère désire être aperçue avant de se cacher , vientelle de Damète ou de Virgile ? Nous spmmes loin de condamner une si charmante ide'ei , qui re'unit au me'rite de la justesse celui d'une élégante précision ; seulement il nous semble que Tiiéocrite ne l'eût point admise , quand même elle se serait offerte à son esprit ; parce que , sévère amant du vrai, il l'eût jugée plus ingénieuse
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que naturelle dans la bouche d'un personnage dont la simplicité et la naïveté' doivent former le caractère. Quant au style des Bucoliques , il est pur, ele'gant, flexible, riche et harmonieux. Virgile tient h cet e'gard parmi les poètes Latins , le même rang que Racineparmi les nôtres: c'est dire qu'il a atteint le plus haut degré' delà perfection.
Depuis le règne d'Auguste jusqu'à celui de Carus et de ses fils , on ne trouve aucun poète Bucolique. A cette dernière époque Neme'sien et Calphurnius publièrent quelques eglogues remplies d'imitations de Virgile 5 mais ces deux écrivains, admii'e's de nos aïeux et comptes parmi les Classiques , sont maintenant tombe's dans une espèce d'oubli qui n'a rien d'injuste, si on les juge sans tenir compte de la de'cadence du goût et de l'irruption de la barbarie sous les derniers Ge'sars.
Calphurnius montre peu d'invention dans les sept e'giogues qu'il nous a laisse'es. La première est un éloge emphatique de l'Empereur , assez ingénieusement amené' , mais diffus et e'tranger à ce genre depoe'sie. La quatrième, adresse'e sans doute ù Carin , et destine'e à attirer les faveurs de ce prince vicieux , fait encore moins d'honneur au poète qui y prostitue sa plume aux adulations les plus basses :
« Vpis-tu, (lit Corydon , de quelle vigueur subite nos troupeaux
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« sont animés? Vois-tu comme un lait pur gonfle les mamelles des « brebis, et comme une laine épaisse couvre déjà les troupeaux « nouvellement dépouillés de leur toison T. . . Amyntk. Toutes <■ les contrées, tous les peuples l'adorent.... ConiDO». O toi, « Jupiter, ou tout autre Dieu, qui sous les traits de César • présentes à nos yeux trompés une forme mortelle , vis et règne « à jamais, je t'en conjure , sur cet univers; règne sur ces peu- « pics ; méprise les demeures, célestes , et n'abandonne point- « la terre que tu as consenti à gouverner'. ■
CoB. Aspicis ut teneros subitus vigor excitet agnos, Utque superfuso magis ubera lacté graventur. Et nuper tonsis exundent vellera faetis î
Am. Scilicet omnis eum tellus , gens omnis adorât.
<;on. Tu quoque , mutatâ seu Jupiter ipse figura
Cajsar ades , seu quis supcrùm sub imagine falsâ !Mortalique lates , vivas , atque hune, precor, orbem , Hos , precor , aeternus populos rege : sit tibi cœli Vilis amor , cœptamque , pater , ne desere terram l F. 101 etseq.j i4i et scq.
L'a cinquième ëgîogue eiit pu offrir des détails fort agre'ables. Le vieux Mycoii , en renonçant à son troupeau en faveur d'un jeune berger , lui fait part de ce que son expérience lui a appris , et l'on sent combien de questions naïves d'un côte' , combien de leçons intéressantes de l'autre , un homme de talent eût placées dans ce petit cadre. L'auteur a cru devoir le remplir de choses communes , de longs et arides pre'ceptes d'e'conomie domestique, aussi dépourvus de grâces que
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d'intérêt ; il n\i pas môme eu Tidee d'e'tablir nu dialogue entre ses deux acteurs : qu'on juge par-Ki de son goût. Cependant il a quelquefois d'heureuses inspirations ; au lieu de ces imitations sèches et froides , ou plutôt de ces copies de'charne'es dans lesquelles il défigure ordinairement Virgile ou Tlieocrite, on s'ëtonne de le voir quelquefois lutter contre ses modèles, créer des beaute's inattendues, et dans des vers naturels , délicats et faciles , reproduire tout le charme de leurs tableaux. De ce genre est le passage suivant que Lycidas adresse à sa bergère pour la calmer, après l'avoir grossièrement offense'e :
<i Je suis ce Lycidas dont les chants, disais-tu , te rendaient « heureuse , à qui tu donnas plus d'une fois de tendres baisers, « et que tu interrompais au milieu de ses airs , en approchant « tes lèvres des siennes qui erraient sur les pipaux. Hélas! et « après cela tu entendrais avec plaisir la Toix barbare de Mopsus , « et ses insipides chansons , et les sons rauques de son chalu- « meaii ? Quel est le bei-ger que tu fuis , ô Phylis ? Quel est celui « que tu abandonnes ? On dit que je suis plus beau que lui, et « toi-même tu me l'as répété souvent.... C'était moi qui t« a portais les premiers lis et les premières roses; et à peine l'abeille « trouvait des fleurs, que déjà je t'apportais des guirlandes pour a te parer. »
Ille ego suni Lycidas, quo, te, cantante , solebas Dicere felicem , cui dulcia sscpè dedisti Oscula , nec medios dubitasti rumperc cantus, Atqne inter calamos crrantia labra pclisti. Ah dolor ! et post hoc placuit libi torrida Mopii
SUR LT-S POETES BUCOLÎOrES.
Vox et Carmen inops, et acrrbx stridor avenac? Quj'm sequcris? Queni, Pliylli , fugis î Formosior illo Dicor, et hoc ipsuni inilii tu nanarc solebas.
j)er me tibi lilia prima
Contigerant , primxqiie losac : vis diiin benè florem Dcgustabat aiiis , tu ciagebare coronis.
Ec. 5 , v. 44 ot scq. , V. 6j et scq.
Ainsi que Calpbnrnius , Nëmc'sicn se traîna sur les pas de Virgile , mais en gone'ral avec plus de succès. Tirabosclii , dans son histoire de la littérature italienne , pre'tend que les quatre eglogues généralement attribuées à Neme'sien , sont de Calphurnius 4 qui il donne de grands éloges. Cette opinion nous paraît peu vraisemblable. Les e'glogues de JNoniesien sont mieux conçues , mieux conduites et e'crites d'un style plus e'iegant et plus doux que celles dont nous venons de parler. Il est vrai que Pou trouve dans les deux poètes des morceaux tout à fait semblables , notamment celui que nous avons traduit en parlant de Calphurnius ; mais on peut en conclure seulement que l'un n'a pas ûiit difficulté de piller l'autre, sans confondre des e'crivains dont le me'rite fut aussi différent que leur fortune.
Les anciens avaient fixe' le véritable caractère de la pastorale. Si l'on pouvait créer de nouveaux plans et rajeunir ainsi leurs inventions , il fallait