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A.SSEZ long-temps , belle comtesse.
Les Jeux, les Ris et les Amours, Loin du bal et du cours.
Ont de votre langueur témoigné leur tristesse :
Guérissez-vous et nous les ramenez; Ils ne reviendront plus, si vous ne revenez.
Prenez pitié de tant de Grâces Qui dans un long bannissement Languissent tristement Et n'osent revenir, que pour suivre vos traces.
Las ! avec vous qui peut espérer rien , Si vous voulez bannir qui vous servoit si bien ?
'ce les soleils sont courts, Tant qu'on peut voir l'objet de ses tendres amours!
Ainsi d'une vitesse extrême, Ainsi l'on sent les jours et les ans s'écouler: Jamais assez on n'a vu ce qu'on aime ; Jamais assez on n'a pu lui parler.
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Je pleure, je me plains et je souffre un martyre
A qui rien n'est égal :
Hélas ! si c'est Amour qui fait que je soupire,
Qu'Amour est un grand mal !
A.MA.NS Gascons dont l'humeur glorieuse N'aime eu amour que le bruit d'être aimé , Et prise moins un cœur de précieuse , Que le renom de l'avoir enflammé,
Contentez-vous d'une chimère ; Mais après tout, avec vos rendez-vous.
Confessez entre nous Qu'on peut se taire.
Donnez souvent fêtes et sérénades ; Brillez au bal et galoppez au cours; Et des beautés que vous ferez malades
35o CHANSONS.
N'oubliez pas de parer vos discours ;
Contentez-vous d'une chimère; Mais après tout, avec vos rendez-vous, Confessez entre nous Qu'on peut se taire, Et n'être pas moins fortunés que vous.
J. ovT ce qu'Amour a de rigueur Et de langueur Est dans mon cœur;
Mais qui vous voit et vous entend , Belle Lucie, Toute sa vie En souffre autant.
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l^ci fait plus d'amans que moi,
Dit tous les jours Climène ?
A toute heure , par ma foi ,
J'en fais quatre sans peine ; Mais savez- vous comme ils en font?
Jamais je ne recule , Ils m'assiègent, je capitule.
Je me rends, ils s'en vont.
CHANSONS. 23i
ixMOTTB sachant qu'en ma prison Me plaindre seroit un grand crime, Ne m'a non plus laissé de rime Que de raison.
Ce Dieu qui m'a tant fait aimer Maintient, dit-il, avec justice, Qu'en vos fers, pour tout exercice, On doit aimer.
JL/ÉcHTi du doux espoir d'être aimé de Silvie,
J'abandonne ma vie Aux plus vives douleurs qu'un cœur puisse souffrir. O Dieux! quand finira ma triste destinée? Que j'ai l'esprit troublé, que j'ai l'ame gênée. Et qiie je meurs de fois de ne pouvoir mourir!
La lumière du jour qui devient odieuse
A mon ame amoureuse , Hors mes sombres ennuis ne me fait plus rien voir : Lu mort seule me plait,et j'en trouve l'atteinte Moins dure mille fois que la dure contrainte De se laisser guérir par l'affreux désespoir.
ii32 CHANSONS.
JL EKDANT le doux cspoir d'être aimé de Silvie,
J'abaudonnois ma vie Aux plus vives douleurs qu'un cœur puisse sentir : Un mot qu'elle m'a dit a rallumé ma flamme, Banni mon désespoir , et rappelle mon ame Que mes sens affoiblis avoient laissé partir.
J'allois par le trépas finir mes longues peines;
Car de briser mes chaînes, Mon cœur trop amoureux n'y pouvoit consentir : Un mot qu'elle m'a dit a rallumé ma flamme , Banni mon désespoir, et rappelle mon ame Que mes sens affoiblis avoient laissé partir.
J E ne suis point si téméraire Que d'oser concevoir l'espérance de plaire A l'adorable objet dont mon cœur est charmé; Mais pour le moins , Amour , dis-lui quelle est ma peine, Et qu'il n'est que trop vrai que ma mort est certaine, S'il arrive jamais qu'un autre en soit aimé.
Lorsque je vois l'éclat des charmes A qui plus que mon cœur ma raison rend les armes,
Je puis cacher le feu dont je suis consumé; Mais las ! comment souffrir qu'un autre la possède ? Et pour n'en pas mourir quel sera le remède, S'il m'arrive jamais d'en voir un autre aimé?
Ijb 8 plus beaux yeux du monde ont conjuré ma mort,
Et mon cœur est d'accord De ne point éviter leurs traits inévitables : En vain contre kurs coups ma raison veut s'armer; C'est les aimer déjà, ces ennemis aimables, Que d'avoir balancé si je devois aimer.
Xjes cyprès
D'ici près
Soudain
Ont fleuri de jasmin ;
Toute chose
Se change en rose,
Et les eaux De ces ruisseaux Sont de fleur d'orange , Depuis le jour Qu'on voit Thyange Dans ce beau séjour.
la
X RiSTE, timide et fâcheux , Comme un enfant malheureux
Que sa mère abandonne, Amour, les larmes aux yeux.
Va criant en tous lieux :
« "D'Olonne, d'Olonne. »
Et le sujet de ses pleurs.
De ses cris, de ses douleurs "
Et de tous ses vacarmes.
Et ce qui fait nos malheurs,
C'est que d'Olonne ailleurs A porté ses charmes.
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J i COUTEZ, Lucie,
De la part d'Amour,
Une prophétie
Qui m'apprit un jour Que la plus endurcie Doit aimer à son tour.
Par sa loi nouvelle Contre la fierté,
» Pf d'Angcnnes de la Louppe , épouse du JV de la
Tiiuiouillc , comte d'Olonne.
La nymphe cruelle
Perdra sa beauté.
Quand un amant fidelle tin sera maltraité.
Qu'un cœur qui s'engage
Sous ses douces lois
Cherche l'avantage
De faire un bon choix ; L'ame la plus sauvage Doit aimer une fois.
Rien n'est plus frivole
Que de murmurer;
Car sur sa parole
On peut s'assurer Qu'à la fin il console Ceux qu'il a fait pleurer.
Martyr misérable
D'un objet charmant,
Du Dieu favorable
Je crus le serment, Et je devins aimable Où je n'étois qu'amant.
\ltJE loin de la belle Qui fait mes malheurs
Mon amour fidelle Me coûte de pleurs !
Mais aussi qu'auprès d'elle Je goûte de douceurs !
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Ainsi foulant aux pieds l'honneur imaginaire,
L'avare faim de l'or et l'erreur du vulgaire,
Même sans concevoir la noble vanité
Qui naît du doux penser de l'immortalité.
Aux bords délicieux de nos claires fontaines
Je chantois mes plaisirs, je soupirois mes peines.
Et goûtois en repos de célestes douceurs ,
Plus possédé d'Amour qu'inspiré des Neuf Sœurs,
Pendant que mon grand Roi , la gloire des monarques ,
Affranchissoit son nom de l'empire des Parques,
ttoit l'appui des bons, la terreur des pervers,
Et l'objet qu'Apollon eût choisi pour ses vers;
Pendant que frémissoit à sa seule parole
La Discorde Françoise et l'Envie Espagnole,
Et que du premier coup de son sceptre fameux
On les vit à ses pieds trébucher toutes deux.
Louis, du genre humain les nouvelles délices,
Si je m'étois senti les Muses plus propices.
Je n'aurois point voulu de champ moins spacieux,
Que tes rares exploits , que tes faits glorieux.
* POÉSIES