ACTE SECOND. aSg
Cette inutile flamme j
Et tvi dois concevoir Qu'obscurcir le soleil marque moins mon pouvoir Que (l'éteindre l'amour dans le cœur d'une femme.
ZOBAÏDE.
Je vivrois sans aimer Médor !
Ah I j'aime mieux encor
Mes plaintes et mes larmes;
Mon tourment a des charmes.
Quand je devrois perdre le jour , Ne m'ôte point mon mialheureux amour.
ATLAND.
Que tes charmes, Amour, doux enchantevir des âmes,
Sont au-dessus de mes enchautemens !
Tu promets des plaisirs et donnes des tourmens ;
Et dans tes fers et dans tes flammes
Ceux que tu fais le plus souffrir Ne peuvent seulement souhaiter de guérir. Je te plains, que veux-tu ?
ZORAÏDE
Si mon amour extrême Ne peut me donner ce que j'aime, Par ton pouvoir prodigieux,
Du moins rends-moi semblable Au seul objet que Médor trouve aimable • Que je paroisse Angélique à ses yeux : Je l'entendrai me dire qu'il m'adore.
a6o L'AMOUR GUÉRI PAR LE TEMPS,
ÀTLAND.
Ce n'est point en vain qu'on m'implore; L'intérêt de ma loi Se joint à la pitié qui me parle pour toi ;
C'en est fait; par mon art magique.
Tous ceux qui te veiTont te croiront Angélique, Entendront ta parole, admireront tes traits. Fais-toi voir à Médor , il te prendra pour elle ;
Tous les amans de cette belle
En foule suivront tes attraits;
Conduis leurs pas dans ces forêts ; J'en vais faire un séjour où je veux qu'à jamais
Les plaisirs et les charmes Leur fassent oublier et la gloire et les armes. Démons, qu'en un moment on élève un palais.